Éditeur de rapport d'audit énergétique de bâtiment PRO

Documentation par l'exemple — un audit mené de bout en bout dans l'outil

Outil
rubrique-Reglementation/auditEnergetique.php — Bâti'Tools (compte PRO)
Ce que fait l'outil
Il porte la trame d'un rapport d'audit énergétique de bâtiment — 11 parties, 60 sous-parties —, rappelle dans une fenêtre par sous-partie ce qu'il faut collecter, étudier et écrire, propose 20 modèles de tableaux issus des annexes de la norme, et imprime le tout en PDF.
Ce qu'il ne fait pas
Aucun calcul. C'est un outil de rédaction, pas de dimensionnement : les valeurs sont celles que l'auditeur relève, mesure ou calcule par ailleurs.
Textes de référence
NF EN 16247-2 (octobre 2022) — Bâtiments ; NF EN 16247-1 (août 2022) — Exigences générales ; NF EN 16247-5 (juin 2015) — Compétence des auditeurs
Livrable
PDF par l'impression du navigateur, et fichier JSON d'échange pour reprendre l'audit ou le transmettre

La trame ne recopie pas le sommaire d'exemple de l'Annexe H de la partie 2 : celui-ci est informatif, et plusieurs contenus rendus obligatoires par le §5.8.2 de la partie 1 n'y ont aucune case — méthodologie, échantillonnage, distinction entre ce qui est mesuré et ce qui est estimé, hypothèses, limites de précision, critères de classement des actions, interactions entre elles, méthodes de vérification après travaux. L'outil part donc de l'Annexe H comme ossature, y insère ces contenus, et ajoute une déclaration de compétence issue de la partie 5.

i Le fil conducteur de cette page est un cas unique : le groupe scolaire Jean-Moulin, 2 450 m², chauffage et ECS au gaz, audit de niveau 2. Tous les chiffres présentés sont cohérents entre eux et ont été recalculés.

S1 — Ouvrir une sous-partie et lire son rappel

L'auditeur en est au plan de mesurage. Il ouvre la partie 4.4 et clique sur le bouton i posé à droite du titre.

Ce que la fenêtre affiche

Toujours la même structure, pour les soixante sous-parties :

RubriqueContenu, pour la sous-partie 4.4 « Plan de mesurage »
ObjetUne phrase : dire ce qui a été mesuré, avec quoi, comment, et avec quelle incertitude.
À collecterGrandeurs mesurées ; appareils avec modèle, numéro de série et étalonnage ; périodes, pas de temps et conditions de la mesure ; incertitude par appareil et incertitude résultante sur les grandeurs dérivées.
À étudierJustifier chaque mesure par ce qu'elle étaye ; distinguer une mesure ponctuelle d'un enregistrement représentatif ; au niveau 2 ou 3, les usages significatifs doivent être mesurés et non estimés.
À écrireLe tableau du plan de mesurage ; l'état du comptage existant ; les certificats d'étalonnage en annexe.
PiègesMesurer une puissance électrique une après-midi de mai et l'annualiser telle quelle ; omettre l'incertitude, ce qui rend indéfendable un gain annoncé à 3 %.
RéférencesLes articles à aller lire dans la norme.
Tableaux proposésIci : « Plan de mesurage ».

Ce que l'auditeur saisit ensuite

Sous chaque titre, il ajoute autant de blocs qu'il veut, dans l'ordre qu'il veut : paragraphe, liste à puces, photo légendée, tableau. Chaque bloc se monte, se descend et se supprime. Un intitulé facultatif par bloc devient un sous-titre dans le PDF.

i Les rappels sont une reformulation opérationnelle, pas des extraits de la norme, qui est un document protégé. Le pied de chaque fenêtre le dit : elle ne remplace pas la lecture de la NF EN 16247, que l'auditeur doit posséder.

S2 — Choisir le degré d'approfondissement, et ce que cela engage

Partie 1.3. À côté du bouton i, un second bouton « Les 3 niveaux » ouvre le tableau comparatif.

Ce que le client a demandé

Un « audit détaillé » — donc un niveau 2. La fenêtre rappelle ce que ce mot engage :

Conséquence immédiate sur le cas

Le groupe scolaire n'a qu'un compteur gaz et un compteur électrique généraux. Trois usages dépassent 10 % : chauffage (58,0 %), ECS (14,5 %), et à égalité éclairage et bureautique (8,0 % chacun). Rester au niveau 2 impose donc d'instrumenter — l'auditeur pose deux enregistreurs de puissance et un compteur d'énergie thermique provisoire sur le départ ECS.

C'est le premier service que rend l'outil : il transforme un mot du devis — « audit détaillé » — en obligation de moyens datée et chiffrable, avant la première visite plutôt qu'à la relecture.

S3 — Le bilan : répartition par vecteur, puis par usage

Parties 6.2 et 6.3. L'auditeur insère les deux modèles proposés et les remplit.

6.2 — Par vecteur énergétique

VecteurkWh finale/anCoût €/antCO₂e/anPartOrigine
Gaz naturel392 00036 06489,076,9 %Facture
Électricité118 00019 8249,323,1 %Facture
Total510 00055 88898,3100 %

Tarifs retenus : 0,092 €/kWh gaz et 0,168 €/kWh électricité. Facteurs d'émission : 0,227 et 0,079 kgCO₂e/kWh. La colonne Origine du modèle impose de dire, ligne par ligne, si la valeur est facturée, relevée, sous-comptée, issue de la GTB, calculée ou estimée — c'est une exigence explicite du §5.7.2 de la partie 2, et c'est ce que les rapports omettent le plus souvent.

6.3 — Par usage final

UsagekWh/anPartkWh/(m²·an)BaseUÉS
Chauffage296 00058,0 %120,8Mesure
Eau chaude sanitaire74 00014,5 %30,2Sous-comptage
Éclairage41 0008,0 %16,7Mesure
Bureautique et informatique41 0008,0 %16,7Mesure
Cuisine / restauration22 0004,3 %9,0Calcul
Ventilation22 0004,3 %9,0Calcul
Auxiliaires de distribution14 0002,7 %5,7Estimation
Total510 000100 %208,2
La somme des usages retombe exactement sur l'énergie fournie. Quand ce n'est pas le cas — c'est fréquent —, le rappel de 6.3 demande d'afficher l'écart de bouclage et de l'expliquer, plutôt que de le répartir au prorata pour faire joli.

S4 — Les indicateurs, et celui qui a fait basculer l'audit

Partie 6.5, modèle « Indicateurs de performance énergétique ».

IndicateurValeurUnitéRéférenceOrigine de la référence
Consommation totale surfacique208,2kWh/(m²·an)150Statistique parc enseignement
Chauffage surfacique120,8kWh/(m²·an)95Statistique parc enseignement
Chauffage rapporté aux degrés-jours50,8Wh/(m²·K·jour)Suivi interne, base de comparaison future
ECS rapportée au volume puisé119kWh/m³46Besoin utile théorique (ΔT 40 K)
Électricité spécifique surfacique48,2kWh/(m²·an)40Statistique parc enseignement

Lecture

620 m³ d'eau chaude puisés dans l'année, soit un besoin utile de 28 800 kWh pour un ΔT de 40 K. Le poste ECS en consomme 74 000 : 45 200 kWh partent en pertes, soit 61 % du poste. Le rapport entre les deux — 119 contre 46 kWh/m³ — désigne le bouclage comme premier gisement du bâtiment, avant même le chauffage.

i Le modèle impose une colonne Origine de la référence. Le rappel de 6.5 insiste sur un point technique : une référence n'est comparable que si elle porte sur le même périmètre, la même surface de référence et le même climat. Comparer un ratio calculé sur la surface utile à une statistique établie sur la surface hors œuvre est l'erreur la plus courante du poste.

S5 — La liste de contrôle du travail sur place

Partie 4.6. L'auditeur insère la liste avant la visite et la remplit sur place, sur tablette.

Elle reprend la logique de l'Annexe B de la partie 2 : 55 points répartis en onze familles — enveloppe, chauffage, ECS, refroidissement, ventilation, éclairage, distribution électrique, appareils et charges internes, autres utilités, GTB, production locale — et suit pour chacune la chaîne génération → stockage → distribution → émission → commande. Quatre colonnes : le point, une case « vérifié », un état (satisfaisant / acceptable / à améliorer / défaillant / sans objet) et une zone de constat libre.

Extrait tel qu'il ressort du PDF

ÉlémentPointVérifiéÉtatConstat
ECSBouclage : température de retour, calorifuge, débit, équilibrage, horlogeDéfaillantRetour à 52 °C, 180 m nus en sous-sol, aucune horloge — boucle en marche 8 760 h/an
ECSStockage : volume, isolation, consigne, cycles anti-légionelleAcceptable2 × 750 L, consigne 60 °C, jaquette d'origine en bon état
Chauffage — commandeLoi d'eau, programmation horaire, réduits, robinets thermostatiquesÀ améliorerAucun calendrier de vacances scolaires : réduit hebdomadaire seul, 16 semaines à pleine consigne
Une ligne non traitée ne s'imprime pas. Les 52 points restants ce jour-là ne viennent pas gonfler le PDF. L'outil distingue ce que le modèle a pré-rempli (l'intitulé du point) de ce que l'auditeur a saisi lui-même, et ne considère une ligne comme traitée que dans le second cas — sinon une liste insérée puis oubliée sortirait ses 55 lignes vides et le rapport aurait l'air renseigné alors que rien ne l'est.

S6 — Le tableau des actions, et pourquoi les économies ne s'additionnent pas

Parties 2.4 (récapitulatif) et 7.11 (interactions). C'est le cœur du rapport, et le passage où les audits se font le plus souvent reprendre.

Les quatre actions retenues, prises isolément

#ActionCatégorieInvest. €kWh/an€/antCO₂e/anTRB
1Reprogrammation GTB : consignes et calendrier des vacances scolairesSans coût026 6002 4476,0immédiat
2Bouclage ECS : horloge et calorifugeage des 180 m de sous-solFaible coût4 80018 1001 6654,12,9 ans
3Relamping LED et détection de présence dans les circulationsInvestissement31 00019 7003 3101,69,4 ans
4Isolation des combles perdus (1 180 m²)Investissement41 30043 5004 0029,910,3 ans
Somme arithmétique77 100107 90011 42421,66,7 ans
Cette dernière ligne est fausse, et c'est exactement ce que la partie 7.11 sert à empêcher. Les 21,2 % d'économie qu'elle annonce ne seront pas constatés.

Ce que l'outil demande d'écrire en 7.11

InteractionkWh/anExplication
Effet de rebond thermique de l'action 3− 5 900L'éclairage LED restitue moins de chaleur : les apports internes gratuits diminuent et la charge de chauffage augmente d'autant en période de chauffe. Le cas est cité en exemple par le §5.7.1 f) de la partie 2.
Recouvrement entre les actions 1 et 4− 5 600Le gain de la reprogrammation a été calculé sur le bâtiment non isolé. Une fois les combles isolés, la même heure de réduit économise moins d'énergie : les deux actions se disputent une partie du même gisement.
Écart total− 11 500

Le bouquet, tel qu'il doit être présenté

kWh/an% du total€/antCO₂e/anInvest. €TRB
Somme naïve107 90021,2 %11 42421,677 1006,7 ans
Bouquet réel96 40018,9 %10 36619,077 1007,4 ans

Après travaux, la consommation passe de 510 000 à 413 600 kWh/an, soit 168,8 kWh/(m²·an) contre 208,2. Le relamping, seul, voit son temps de retour passer de 9,4 à 11,2 ans une fois déduite la surconsommation de chauffage qu'il provoque, et son gain d'émissions fondre de 1,6 à 0,2 tCO₂e/an — l'électricité française étant nettement moins carbonée que le gaz qu'il fait consommer en plus.

Le rappel de 2.4 ajoute deux exigences que le tableau porte en colonnes : le critère de classement doit avoir été convenu avec le client et écrit — la norme recommande la valeur actualisée nette plutôt que le temps de retour brut, qui ignore la durée de vie, la valeur résiduelle et l'actualisation —, et chaque ligne doit dire son niveau de fiabilité : estimation, calcul détaillé, ou devis. Un audit de niveau 3 exige des devis ; les colonnes le rendent visible.

S7 — Le garde-fou : « parties attendues »

Colonne de gauche, sous le sommaire.

Sur les 60 sous-parties, 39 sont marquées comme attendues — celles dont un contenu est exigé par le §5.8.2 de la partie 1 ou par les articles normatifs de la partie 2. Le panneau les liste et compte celles restées vides ; le sommaire marque d'un point plein les sous-parties renseignées et d'un cercle vide les autres.

Sur ce dossier, l'avant-dernière relecture a fait apparaître trois oublis : 1.5 Échantillonnage (deux étages de salles de classe visités sur quatre, la méthode n'était écrite nulle part), 7.12 Évaluation économique (les limites de précision manquaient) et 8.1 Méthodes de vérification — comment on constatera, dans deux ans, que les 96 400 kWh ont bien été économisés.

i Le panneau ne certifie rien, et le dit. Il signale des cases vides, pas un rapport conforme : un rapport peut être complet à ses yeux et mauvais au fond. L'inverse est plus rare mais possible — une partie sans objet, justifiée comme telle.

S8 — Sortir le rapport

Bouton « Imprimer / PDF », ou Ctrl+P.

i Détail technique invisible mais décisif : un champ de saisie n'imprime que sa partie visible — le texte au-delà de la hauteur du cadre serait perdu, sans que rien n'ait l'air anormal à l'écran. L'outil reconstruit donc, juste avant d'imprimer, un rendu statique de chaque bloc et de chaque tableau. C'est ce qui garantit un PDF fidèle quel que soit le navigateur.

Et pour reprendre l'audit plus tard

« Exporter le JSON » produit un fichier qui contient tout l'audit — textes, tableaux, cases cochées, photos. « Importer un JSON » le recharge, sur un autre poste ou chez un collègue.

L'audit en cours vit dans le navigateur, sur le poste où il a été saisi. Vider les données de site l'efface. L'export JSON est la vraie sauvegarde — à faire en fin de séance, comme on enregistre un fichier.

Ce que contient la trame

#PartieCe qu'elle couvre
0Identification et page de gardeIdentification de la mission et de l'objet audité ; confidentialité, objectivité, transparence ; déclaration de compétence de l'auditeur (partie 5)
1Cadre, champ et méthodeContexte et objectifs ; champ et périmètre ; degré d'approfondissement ; méthodologie ; échantillonnage ; textes applicables ; parties concernées
2RésuméSituation en quelques chiffres ; actions principales ; synthèse situation / potentiel / investissement ; récapitulatif des actions ; programme de mise en œuvre
3Données de baseSite et bâti ; raccordements et contrats ; historique des consommations ; occupation et facteurs influents ; exploitation et maintenance
4Recueil et travail sur placeRéunion de démarrage ; données obtenues, manquantes et hypothèses ; analyse préliminaire ; plan de mesurage ; visites ; liste de contrôle
5Audit des systèmesChauffage ; ECS et eau ; ventilation ; froid ; électricité et éclairage ; enveloppe ; GTB ; usages particuliers
6AnalyseNiveaux de service constaté / requis ; répartition par vecteur puis par usage ; bilan et calage du modèle ; indicateurs ; situation de référence ; performance d'ensemble ; revue des contrats
7Actions d'améliorationHypothèses économiques ; une partie par système ; renouvelables ; comportement ; interactions et ordre ; évaluation économique et aides ; effet sur le confort et les certificats
8Mesurage et vérificationMéthodes de vérification par action ; signature énergétique et normalisation climatique
9ConclusionsConclusions au regard des objectifs ; réunion de clôture et suites
10AnnexesPièces jointes au rapport

Les 20 modèles de tableaux

Insérables en un clic dans n'importe quelle sous-partie. La trame en propose pour chacune, elle n'en impose aucun ; les colonnes se renomment, s'ajoutent et se suppriment, et un tableau vide de trois colonnes reste disponible pour le sur-mesure.

Limites connues

La trame suit la NF EN 16247-2 d'octobre 2022, la NF EN 16247-1 d'août 2022 et la NF EN 16247-5 de juin 2015. Vérifier qu'aucune de ces versions n'a été remplacée avant de s'appuyer sur la trame pour une mission sous contrainte réglementaire.