Perte de température d'une canalisation isolée
Documentation par l'exemple — cas d'usage chiffrés
- Outil
- rubrique-PB/perteTemperature.php — Bâti'Tools (compte free)
- Ce que l'outil détermine
- De combien de degrés le fluide se refroidit (ou se réchauffe) entre les deux extrémités d'un tronçon isolé, et quelle puissance ce tronçon perd au passage
- Entrée
- Géométrie du tube et de son calorifuge, conductivités, longueur, températures fluide et ambiante, débit
- Sortie
- Les trois résistances linéiques, la conductance Ul, la déperdition linéique, la perte totale sur la longueur, et ΔT
Une antenne d'eau chaude sanitaire qui traverse un parking non chauffé, un départ de chauffage qui court sur cinquante mètres de gaine technique, une nourrice d'eau glacée qui remonte en faux-plafond : dans les trois cas la question est la même — combien de degrés reste-t-il à l'arrivée, et combien de watts sont partis en route ? L'outil répond aux deux, à partir de la géométrie du tronçon et de son débit.
Le calcul est celui, classique, du cylindre multicouche en régime permanent : on additionne trois résistances thermiques linéiques en série — la paroi du tube, le calorifuge, l'échange avec l'air ambiant —, on en tire une déperdition par mètre, puis on répartit cette puissance sur le débit qui circule.
La chaîne de calcul, en clair
Rien n'est caché derrière l'outil : voici, dans l'ordre, les huit grandeurs qu'il enchaîne. Les diamètres sont notés d, en mètres ; ln est le logarithme népérien.
| Rtube = ln(de / di) / (2π · λtube) | Résistance de la paroi du tube — m·K/W |
| Risol = ln(de,isol / di,isol) / (2π · λisol) | Résistance du calorifuge — m·K/W |
| Rext = 1 / (he · π · de,isol) | Échange avec l'air, sur la surface extérieure de l'isolant — m·K/W |
| Rtot = Rtube + Risol + Rext | Les trois couches sont en série — m·K/W |
| Ul = 1 / Rtot | Conductance thermique linéique — W/(m·K) |
| Q̇l = Ul · (Tf − Ta) | Déperdition par mètre de tronçon — W/m |
| Qtotal = Q̇l · L | Puissance perdue sur toute la longueur — W |
| ΔT = Ul · L · (Tf − Ta) / (ṁ · cp) | Chute de température entre les deux extrémités — K, soit °C |
Le débit massique ṁ peut être saisi directement en kg/s, ou déduit d'un débit volumique : ṁ = ρ · Qv / 3600 avec Qv en m³/h. Si les deux champs sont remplis, c'est le débit massique qui l'emporte.
Quatre points à connaître avant de saisir
- Les diamètres se saisissent en mètres, pas en millimètres. Un DN20 acier se saisit di = 0,0216 et de = 0,0269 — pas 21,6 et 26,9.
- L'épaisseur d'isolant ne se saisit pas directement : on donne le diamètre extérieur du calorifuge, soit de,isol = de + 2 × épaisseur. Un tube de 26,9 mm sous 19 mm de laine se saisit de,isol = 0,0649.
- di,isol vaut de par défaut : laissé vide, le champ se recopie tout seul quand on quitte le champ de. On ne le renseigne à la main que pour représenter une lame d'air entre le tube et sa coquille.
- he = 10 W/(m²·K) par défaut : valeur d'usage pour une surface en ambiance intérieure calme, convection et rayonnement confondus. En extérieur ventilé, la remonter (15 à 25) diminue Rext — c'est-à-dire augmente la déperdition.
F1 — L'exemple préchargé : antenne ECS en gaine technique
Le jeu de valeurs que remplit le bouton « Préremplir exemple ». Tube 20/26 sous 17 mm de laine minérale, 30 m d'ECS à 60 °C dans une gaine à 20 °C, 0,6 m³/h.
Données d'entrée
- λtube
- 15 W/(m·K)
- λisol
- 0,035 W/(m·K)
- di / de
- 0,020 m / 0,026 m
- di,isol / de,isol
- 0,026 m / 0,060 m (soit 17 mm d'isolant)
- he
- 10 W/(m²·K)
- Longueur L
- 30 m
- Tf / Ta
- 60 °C / 20 °C
- ρ / cp
- 1000 kg/m³ / 4180 J/(kg·K)
- Débit
- Qv = 0,6 m³/h (→ ṁ = 0,166667 kg/s)
Résultat
- Résistance tube R_tube
- 0,002784
- Résistance isolant R_isol
- 3,802657
- Résistance externe R_ext
- 0,530516
- Résistance totale R_tot
- 4,335958
- U_l (conductance linéique)
- 0,23063 W/m·K
- Déperdition linéique Q̇_l
- 9,225182 W/m
- ΔT sur la longueur L
- 0,397257 K (°C)
- Perte totale de puissance sur L
- 276,755475 W
Lecture : le calorifuge porte 88 % de la résistance totale (3,80 sur 4,34), l'échange avec l'air 12 %, et la paroi du tube 0,06 % — la supprimer entièrement déplacerait ΔT de 0,0003 K. C'est le rapport habituel sur un tube isolé : seule l'épaisseur d'isolant compte réellement, la nature du métal est sans effet.
F2 — Le même tronçon, au quart du débit
Strictement les mêmes données que F1, sauf le débit ramené de 0,6 à 0,15 m³/h — le cas d'un puisage réduit ou d'une antenne surdimensionnée.
Données d'entrée
- Toutes valeurs
- identiques à F1
- Débit
- Qv = 0,15 m³/h (→ ṁ = 0,041667 kg/s)
Résultat
- Résistance totale R_tot
- 4,335958 (inchangée)
- U_l (conductance linéique)
- 0,23063 W/m·K (inchangée)
- Déperdition linéique Q̇_l
- 9,225182 W/m (inchangée)
- Perte totale de puissance sur L
- 276,755475 W (inchangée)
- ΔT sur la longueur L
- 1,589027 K (°C)
Lecture : le tronçon perd exactement la même puissance — la géométrie et les températures n'ont pas bougé —, mais cette puissance est prise sur quatre fois moins d'eau, donc ΔT quadruple (0,397 × 4 = 1,589). ΔT est inversement proportionnel au débit : c'est le levier le plus direct quand un point de puisage arrive trop froid.
F3 — Boucle ECS : la puissance que le bouclage doit compenser
Retour de boucle acier DN20 (21,6/26,9) sous 19 mm de calorifuge, 80 m à 55 °C dans des locaux à 20 °C, débit de bouclage 1 m³/h. On cherche ici Qtotal autant que ΔT.
Données d'entrée
- λtube
- 50 W/(m·K) (acier)
- λisol
- 0,040 W/(m·K)
- di / de
- 0,0216 m / 0,0269 m
- di,isol / de,isol
- 0,0269 m / 0,0649 m (soit 19 mm d'isolant)
- he
- 10 W/(m²·K)
- Longueur L
- 80 m
- Tf / Ta
- 55 °C / 20 °C
- Débit
- Qv = 1,0 m³/h (→ ṁ = 0,277778 kg/s)
Résultat
- Résistance tube R_tube
- 0,000698
- Résistance isolant R_isol
- 3,504279
- Résistance externe R_ext
- 0,490462
- Résistance totale R_tot
- 3,995439
- U_l (conductance linéique)
- 0,250285 W/m·K
- Déperdition linéique Q̇_l
- 8,759988 W/m
- ΔT sur la longueur L
- 0,603559 K (°C)
- Perte totale de puissance sur L
- 700,799015 W
Lecture : la boucle perd 701 W, soit 8,76 W par mètre — c'est la puissance à réinjecter en permanence pour tenir 55 °C au retour, et donc le premier chiffre à comparer au ballon ou à l'échangeur retenu. Le ΔT de 0,60 K confirme au passage que le débit de bouclage est suffisant : on reste très en dessous des 2 à 3 K généralement admis sur un retour de boucle.
F4 — Eau glacée : quand ΔT devient négatif
Distribution d'eau glacée cuivre Ø54 (51/54) sous 30 mm d'isolant, 120 m à 7 °C dans un faux-plafond à 30 °C, débit saisi directement en massique. Ici le fluide est plus froid que l'ambiance.
Données d'entrée
- λtube
- 390 W/(m·K) (cuivre)
- λisol
- 0,040 W/(m·K)
- di / de
- 0,051 m / 0,054 m
- di,isol / de,isol
- 0,054 m / 0,114 m (soit 30 mm d'isolant)
- he
- 10 W/(m²·K)
- Longueur L
- 120 m
- Tf / Ta
- 7 °C / 30 °C
- Débit
- ṁ = 1,2 kg/s (saisi en massique — le champ Qv est ignoré)
Résultat
- Résistance tube R_tube
- 0,000023
- Résistance isolant R_isol
- 2,973072
- Résistance externe R_ext
- 0,279219
- Résistance totale R_tot
- 3,252314
- U_l (conductance linéique)
- 0,307473 W/m·K
- Déperdition linéique Q̇_l
- -7,071888 W/m
- ΔT sur la longueur L
- -0,169184 K (°C)
- Perte totale de puissance sur L
- -848,626504 W
Lecture : le signe suit l'écart (Tf − Ta), ici négatif. Un résultat négatif n'est pas une erreur : il se lit « le réseau gagne 849 W et le fluide se réchauffe de 0,17 °C ». C'est la grandeur à comparer à la puissance frigorifique du groupe, et à surveiller de près, car le calorifuge d'un réseau froid a une seconde fonction que l'outil ne traite pas — empêcher la condensation en surface.
Messages d'alerte
Le bandeau rouge sous le formulaire reprend mot pour mot la réponse de l'API. Les messages ci-dessous sont ceux effectivement renvoyés.
- Un champ obligatoire est vide
- « Paramètres manquants : … » suivi de la liste des champs absents, avec leur unité (par exemple « de_iso (m) »)
- Aucun débit renseigné
- « Fournir un débit : soit mdot (kg/s) > 0, soit qv_m3h (m³/h) > 0. »
- de ≤ di
- « Le diamètre extérieur du tube (de) doit être strictement supérieur au diamètre intérieur (di). »
- de,isol ≤ di,isol
- « Le diamètre extérieur isolant (de_iso) doit être strictement supérieur au diamètre intérieur isolant (di_iso). »
- Un diamètre nul ou négatif
- « Les diamètres doivent être > 0 (m). »
- Une conductivité nulle ou négative
- « Les conductivités λ doivent être > 0 (W/m·K). »
- he ≤ 0
- « Le coefficient d'échange externe h_ext doit être > 0 (W/m²·K). »
- Longueur nulle ou négative
- « La longueur L doit être > 0 (m). »
- ρ ou cp ≤ 0
- « ρ (kg/m³) et c_p (J/kg·K) doivent être > 0. »
- API injoignable
- « Erreur réseau/API : … » — le calcul se fait côté serveur, il faut être connecté au site