Dimensionnement d'un vase d'expansion à membrane PRO

Documentation par l'exemple — méthode et résultats

Outil
rubrique-CVC/vaseExpansion.php — Bâti'Tools (compte PRO)
Ce que fait l'outil
Calcule le volume nominal d'un vase d'expansion à membrane, sa pression de gonflage et sa pression de remplissage, pour quatre types de circuits — chauffage, eau glacée, solaire thermique et ECS sanitaire — puis relit les pressions réellement atteintes avec le vase du catalogue
Référence
NF EN 12828 pour les pressions et la réserve d'eau ; masse volumique de l'eau par l'équation de Kell (1975) ; volume de vapeur en stagnation selon la pratique du solaire collectif

Le circuit se choisit en premier, et il commande tout le formulaire : chauffage, eau glacée, solaire et sanitaire ne demandent ni les mêmes températures, ni les mêmes pressions, ni les mêmes volumes. Le volume d'eau de l'installation se renseigne de trois façons au choix : directement en litres, par estimation à partir de la puissance installée (litres par kW selon le type d'émetteur, de générateur et l'étendue du réseau), ou par métré détaillé tronçon par tronçon — trente-quatre diamètres en acier, cuivre et multicouche, contenances calculées sur le diamètre intérieur.

Trois choses distinguent cet outil d'un abaque

  1. La dilatation est calculée, pas lue dans une table. Les abaques du métier donnent la dilatation depuis 10 °C. C'est parfait pour le chauffage ; c'est inutilisable pour l'eau glacée, dont le couple pertinent est (5 °C ; 40 °C), et pour le solaire, dont la stagnation dépasse la dernière ligne de l'abaque. L'outil part des masses volumiques et accepte n'importe quel couple de températures.
  2. En eau glacée, la contraction dimensionne autant que la dilatation. Voir l'exemple T2 ci-dessous, où elle est le terme le plus grand des deux.
  3. Les pressions du vase réellement posé sont relues. Le vase retenu n'est jamais celui qu'on a calculé : c'est le palier de gamme au-dessus, souvent 40 % plus gros. L'outil dit quelle pression il atteint vraiment, et si le palier en dessous aurait tenu.

La chaîne de calcul

n = exp[ c·β_glycol·(T_max − T_ref) + (1−c)·ln( ρ_eau(T_ref) / ρ_eau(T_max) ) ] − 1

Le coefficient de dilatation additionne les coefficients de dilatation volumique du glycol et de l'eau, pondérés par la fraction volumique, et les intègre sur la plage de températures. À taux de glycol nul, le terme de glycol s'annule et il reste exactement le rapport des masses volumiques de l'eau. Le coefficient effectif du glycol est calé sur les tables de masse volumique des mélanges du commerce à 40 % : le résidu maximal sur les quinze couples de températures de ces tables est de 0,06 point.

V_réserve = max( 3 L ; 0,5 % du volume d'installation ; volume de contraction )

Les deux premiers termes sont la règle NF EN 12828. Le troisième est physique : si le vase ne contient pas déjà, à froid, de quoi rendre au réseau ce que la contraction lui retire, la membrane vient en butée et la pression s'effondre au point haut. Le sanitaire est le seul circuit sans réserve — il est ouvert sur le réseau d'eau froide, qui s'en charge.

P0 = H_statique / 10 + marge minimale + P_vapeur
P_finale = P_soupape − max( 0,5 bar ; 10 % du tarage )
Fp = [ (P_finale + 1) − (P0 + 1) ] / (P_finale + 1)
Vn = ( V_dilatation + V_réserve + V_vapeur ) / Fp × coefficient de sécurité

La déduction sur le tarage suit NF EN 12828 : 0,5 bar de différence de fermeture jusqu'à 5 bar de tarage, 10 % au-delà — les deux régimes se rejoignent exactement en 5 bar. La marge minimale est ce qui reste au purgeur le plus haut quand l'installation est froide : 0,3 bar en chauffage, 0,5 en eau glacée, 1,5 en solaire, valeurs modifiables.

P_remplissage = (P0 + 1) / (1 − V_réserve / Vn) − 1
P_max = (P0 + 1) · Vn / (Vn − V_utile) − 1

La relecture applique la loi de Boyle au coussin d'azote. La pression de remplissage n'est pas la règle de pouce « P0 + 0,3 bar » : c'est la pression qui met exactement la réserve d'eau dans le vase effectivement posé.

T1 — Chauffage, le cas de référence

Installation 150 kW, radiateurs acier, régime 60/80 °C — 1 350 litres d'eau. Remplissage à 10 °C, température maximale du générateur 80 °C, hauteur statique 10 m au-dessus du vase, soupape tarée à 3 bar, coefficient de sécurité 1,10.

Résultat

Coefficient de dilatation (10 → 80 °C)
2,871 % — l'abaque du métier donne 2,89 %
Volume de dilatation
38,76 L
Réserve d'eau
6,75 L — forfait de 0,5 %
Volume utile
45,51 L
Pression de gonflage
1,30 bar (10 m / 10 + 0,30 bar)
Pression finale admissible
2,50 bar (3,0 − 0,5)
Facteur de pression
34,3 %
Volume calculé
146,0 L
Vase retenu
200 litres, gonflé à 1,30 bar, rempli à froid à 1,38 bar

Relecture — ce que fait vraiment le vase posé

VaseRemplissagePoint chaudMarge soupapeUtilisationVerdict
200 L — retenu1,38 bar1,98 bar1,02 bar22,8 %tient
140 L — palier en dessous1,42 bar2,41 bar0,59 bar32,5 %tient

Le palier de 140 L tient aussi : 2,41 bar au point chaud contre 2,50 admissibles, soit 0,09 bar de marge. L'outil le dit sans le recommander — c'est un choix de projet, et le coefficient de sécurité saisi est exactement ce qui sépare les deux réponses.

T2 — Eau glacée : la contraction dépasse la dilatation

Boucle d'eau glacée de 2 000 litres, eau glycolée MEG 30 %, remplie à l'ambiance de 25 °C, descendue à 5 °C en service, remontant à 40 °C à l'arrêt en été. Hauteur statique 15 m, soupape 4 bar.

Résultat

Coefficient de dilatation (25 → 40 °C)
0,689 %
Volume de dilatation
13,77 L
Volume de contraction (25 → 5 °C)
14,79 L
Réserve d'eau
14,79 L — menée par la contraction, pas par le forfait de 10 L
Volume utile
28,56 L
Pression de gonflage
2,00 bar (15 m / 10 + 0,50 bar)
Vase retenu
100 litres, gonflé à 2,00 bar, rempli à froid à 2,52 bar
Pression au point haut, au plus froid
0,50 bar — le circuit n'aspire pas d'air
C'est le point que les abaques de chauffage ne voient pas. Ici la contraction (14,79 L) est plus grande que la dilatation (13,77 L) : c'est elle qui fixe la réserve d'eau, donc la pression de remplissage, donc une partie du volume du vase. Une installation d'eau glacée se remplit à l'ambiance et se refroidit ; si le vase n'a rien à rendre au réseau pendant cette phase, la pression s'effondre et le circuit aspire de l'air par les purgeurs et les presse-étoupe. En chauffage, cette phase n'existe pas — on part du froid — et le terme reste nul.

Le palier de 80 L ne tient pas : 3,67 bar au point chaud pour 3,50 bar admissibles. C'est la relecture qui le dit ; le calcul seul rendait 94,3 L, et rien n'aurait signalé que le palier immédiatement inférieur était hors jeu.

T3 — Solaire thermique : le volume de vapeur domine

Boucle capteurs de 300 litres, MPG 40 %, 45 litres de capteurs et 12 litres de conduite susceptible de se vaporiser. Remplissage à 20 °C, température de stagnation retenue 130 °C, hauteur statique 12 m, soupape 6 bar.

Résultat

Coefficient de dilatation (20 → 130 °C)
8,784 %
Volume de dilatation
26,35 L
Volume chassé par la vapeur
62,70 L — soit 1,1 × (45 + 12)
Réserve d'eau
3,00 L — plancher
Volume utile
92,05 L
Pression de vapeur du fluide à 130 °C
1,28 bar — le glycol relève le point d'ébullition, donc abaisse cette pression
Pression de gonflage
4,00 bar (12 m / 10 + 1,50 + 1,28, arrondi au dixième supérieur)
Facteur de pression
22,1 % — la haute pression de gonflage coûte cher en volume
Vase retenu
500 litres, gonflé à 4,00 bar, rempli à froid à 4,03 bar
Le volume chassé par la vapeur (62,7 L) vaut 2,4 fois la dilatation thermique (26,4 L). C'est la règle en solaire, et c'est pourquoi un vase dimensionné sur la seule dilatation est systématiquement trop petit d'un facteur trois ou quatre. En stagnation, la vapeur pousse vers le vase le contenu des capteurs et de la conduite située au-dessus du point où elle se recondense.
À 130 °C, le calcul sort de la fenêtre où le modèle de fluide glycolé a été calé (0 à 100 °C). L'outil le dit à l'écran plutôt que de rendre un chiffre muet, et son coefficient de dilatation est alors tenu à sa valeur de bord.

Le vase d'une boucle solaire doit en outre être protégé de la vapeur par un vase tampon ou une longueur de conduite non calorifugée : au-delà d'environ 70 °C permanents, la membrane vieillit vite. Cette protection ne se calcule pas ici, elle se lit dans la documentation du vase retenu — l'outil le rappelle systématiquement.

T4 — ECS sanitaire : le circuit ouvert

Ballon d'eau chaude sanitaire de 300 litres, eau froide à 10 °C, consigne 60 °C, pression du réseau détendue à 3 bar, groupe de sécurité taré à 7 bar.

Résultat

Coefficient de dilatation (10 → 60 °C)
1,678 %
Volume de dilatation
5,03 L
Réserve d'eau
aucune — circuit ouvert sur le réseau
Pression de gonflage
3,00 bar — celle du réseau, pas une hauteur statique
Pression finale admissible
6,30 bar (7,0 − 0,7)
Facteur de pression
45,2 % — le meilleur des quatre circuits, l'écart de pressions étant large
Vase retenu
18 litres, gonflé à 3,00 bar
Le vase sanitaire doit être apte au contact avec l'eau potable (ACS), monté sur l'arrivée d'eau froide entre le clapet anti-retour et le ballon, et gonflé à la pression du réseau détendue. Sans clapet anti-retour, la dilatation repart au réseau et le vase ne sert à rien — c'est la panne la plus fréquente, et elle ne se voit qu'au goutte-à-goutte du groupe de sécurité.

Le résultat rejoint la règle de pouce du métier — un vase sanitaire pèse environ 5 % du volume du ballon — mais il la remplace par un calcul : à consigne 70 °C ou à pression de réseau plus élevée, la règle de pouce se trompe, et dans le mauvais sens.

Ce que l'outil signale

Vase trop petit malgré le palier de gamme
La relecture donne la pression réellement atteinte, et l'outil dit de prendre la taille au-dessus lorsqu'elle dépasse la pression finale admissible
Pression négative au point haut
Signalée dès qu'elle passe sous zéro au point le plus froid — et déjà en dessous de 0,2 bar, où une purge ou une fuite de presse-étoupe suffit à faire basculer
Facteur de pression supérieur à 65 %
Le calcul demande au vase d'absorber plus des deux tiers de son volume ; les vases à membrane fixe plafonnent généralement vers 63 %, et les grands volumes plus bas encore
Gonflage au-dessus de la pression finale
Refus explicite : aucun vase ne peut travailler dans cette plage. Il faut relever le tarage de la soupape ou déplacer le vase pour réduire la hauteur statique qu'il voit
Volume au-delà de 5 000 L
Sortie de la gamme des vases à membrane : l'outil oriente vers plusieurs vases en parallèle ou vers un maintien de pression à compresseur
Taux de glycol nul
Le calcul bascule en eau pure et l'annonce, plutôt que de laisser croire à une protection antigel
Températures hors fenêtre de calage du glycol
Signalé au-delà de 100 °C ou en dessous de 0 °C — le coefficient est alors tenu à sa valeur de bord

Limites connues