Réseau gaz — dimensionnement et conception

Documentation par l'exemple — cas d'usage chiffrés

Outil
rubrique-CVC/dimReseauGaz.php — Bâti'Tools (compte PRO)
Ce que l'outil détermine
Les calibres d'un réseau gaz, la perte de charge cumulée, la pression qui arrive réellement à chaque appareil — et si les cheminements, les organes de coupure, les pénétrations et les assemblages retenus tiennent devant les textes
Périmètre
Bâtiments d'habitation individuelle ou collective et leurs dépendances, en aval de l'organe de coupure générale
Gaz traités
Gaz naturels H et L, propane et butane commerciaux, air propané et air butané

Cette page rassemble sept exemples chiffrés. Les cinq premiers portent sur le dimensionnement, du cas le plus courant — une installation intérieure de logement — au réseau en moyenne pression ; les deux derniers montrent ce que fait le volet conception, d'abord sur un cheminement qui passe, puis sur le même en défaut.

Toutes les valeurs de résultat présentées ci-après (débits, longueurs de calcul, diamètres, pertes de charge, pressions résiduelles, verdicts et messages) sont directement issues d'une exécution réelle de l'outil sur les données d'entrée indiquées, pour en garantir l'exactitude.

Sommaire

  1. 0. Ce que fournit l'outil
  2. 1. Décrire un réseau
  3. 2. Cinq réseaux dimensionnés
    1. A1 — Installation intérieure d'un logement collectif
    2. A2 — Alimentation d'une chaufferie, accessoires détaillés
    3. A3 — Conduite d'immeuble en moyenne pression
    4. A4 — Propane en habitation individuelle, avec dénivelé
    5. A5 — Un avertissement qui n'est pas une non-conformité
  4. 3. Équivalences de diamètres — PEHD gaz et acier gaz
  5. 4. Capacité tampon
  6. 5. Le volet conception
    1. B1 — Un cheminement qui passe
    2. B2 — Le même en défaut
  7. 6. Organes de coupure, vannes et pénétrations
  8. 7. Essais avant mise en gaz
  9. 8. Messages d'erreur et garde-fous
  10. 9. Ce que l'outil ne fait pas

0. Ce que fournit l'outil

Cinq sorties, sur un même réseau décrit une seule fois

  1. Une note de dimensionnement — pour chaque tronçon : le débit, la longueur de calcul, le diamètre minimal nécessaire, le calibre retenu avec son diamètre extérieur, son épaisseur et son diamètre intérieur, et la vitesse du gaz.
  2. Les équivalences de diamètres — le même tronçon exprimé en diamètre nominal, en PEHD gaz (Ø extérieur et intérieur, cas des réseaux enterrés) et en acier gaz (Ø extérieur). Un report de désignation, qui n'entre dans aucun calcul.
  3. Une vérification par parcours — pour chaque chemin allant de l'origine à une extrémité : la perte de charge cumulée, la part due au dénivelé, la pression qui arrive réellement à l'appareil, et la marge restante.
  4. Un rapport de conception — cheminements, assemblages, organes de coupure, règles de mise en place des vannes, points de pénétration, essais à mener.
  5. Un calcul de capacité tampon pour les alimentations de site de production d'énergie.

La méthode, en deux temps

C'est le point qui distingue l'outil d'une lecture d'abaque, et il vaut d'être compris avant de lire un résultat.

  1. Sélection. Chaque tronçon est dimensionné avec son propre débit, mais avec la longueur totale du parcours qui va de l'origine à l'appareil le plus éloigné qu'il dessert, et avec la totalité de la perte de charge admissible. C'est une méthode enveloppe : volontairement sévère, elle garantit le résultat sans jamais avoir à cumuler. C'est la colonne « L de calcul » de la note.
  2. Vérification. Avec les calibres retenus, l'outil calcule ensuite la perte de charge réelle, tronçon par tronçon, le long de chaque parcours. C'est le tableau « Parcours vérifiés ».

La seconde passe donne toujours un résultat plus favorable que la première : un tronçon court en tête de réseau ne consomme pas le budget d'un parcours de quarante mètres. L'écart entre les deux est la marge dont dispose le projet — une information qu'un abaque ne donne pas, et qui indique si l'on peut ajouter un appareil sans tout recalculer.

Le verdict final ne porte pas sur la perte de charge mais sur la pression à l'entrée de l'appareil : c'est elle qui doit rester dans la plage de fonctionnement en sécurité. L'outil rappelle cette plage pour le gaz choisi dès la première section.

1. Décrire un réseau

Un tronçon, c'est quoi

Un tronçon par changement de diamètre ou par dérivation. Chacun porte un repère libre et le repère du tronçon auquel il est raccordé. Le tronçon de tête laisse ce champ vide : c'est l'origine du réseau. L'outil reconstruit l'arbre tout seul et remonte les débits des extrémités vers l'origine.

! Les appareils se déclarent une seule fois, sur le tronçon qui les alimente. Ils sont automatiquement comptés dans tous les tronçons situés en amont. Déclarer le même débit sur le tronçon de tête et sur le tronçon terminal le compte deux fois : c'est l'erreur de saisie la plus fréquente, et elle ne produit aucun message — seulement un réseau surdimensionné.

Trois façons de déclarer une charge

Agrégation des débits

Deux modes, et un seul est un choix :

Pertes de charge singulières

Deux méthodes, toutes deux admises :

Dénivelé

Compté positif en montée. Son effet dépend du gaz : un gaz naturel, plus léger que l'air, gagne de la pression en montant ; un GPL, plus lourd, en perd. La colonne « Dont dénivelé » du tableau des parcours isole cette part — voir l'exemple A4.

2. Cinq réseaux dimensionnés

Chaque exemple donne les entrées exactes, puis le résultat tel que l'outil l'affiche. Les nombres sont ceux d'une exécution réelle.

A1 — Installation intérieure d'un logement collectif

Le cas le plus courant, et celui que charge le bouton « Charger un exemple » de l'outil. Un logement en immeuble collectif, compteur en gaine, tuyauterie cuivre. Un tronçon de tête, une dérivation vers la cuisson, une branche vers la chaudière puis le chauffe-eau.

Entrées

Gaz
Gaz naturel type H
Ouvrage
Installation intérieure de logement
Tube
Cuivre
Pression à l'origine
21 mbar
Immeuble / compteur
Collectif — compteur en gaine
Agrégation
Foisonnement des appareils après compteur
Singularités
Majoration forfaitaire de 20 %
TronçonRaccordé àLongueurAppareil déclaré
ABorigine4,00 m
BCAB3,00 m1 appareil de cuisson
BDAB6,00 m1 chaudière de 24 kW
DEBD2,50 m1 chauffe-eau 8,72 kW

Ce que l'outil affiche en hypothèses

Note de dimensionnement

TronçonDébitL réelle L de calculØ miniCalibre TubeØ int.Vitesse
AB47,70 kW — 4,221 m³/h4,00 m15,00 m24,71 mm25Ø 28 × 1,026,0 mm2,16 m/s
BC9,00 kW — 0,796 m³/h3,00 m8,40 m11,67 mm12Ø 14 × 1,012,0 mm1,92 m/s
BD43,20 kW — 3,823 m³/h6,00 m15,00 m23,80 mm25Ø 28 × 1,026,0 mm1,96 m/s
DE12,00 kW — 1,062 m³/h2,50 m15,00 m14,67 mm15Ø 18 × 1,016,0 mm1,44 m/s

Deux choses à lire dans ce tableau. D'abord la colonne « L de calcul » : elle vaut 15,00 m pour AB, BD et DE, qui appartiennent tous au parcours le plus long (AB → BD → DE, soit 4 + 6 + 2,5 = 12,50 m réels, majorés de 20 %), et seulement 8,40 m pour BC, dont le seul parcours fait 7,00 m réels. Chaque tronçon est bien dimensionné sur son parcours le plus défavorable, et non sur la longueur du réseau entier.

Ensuite le débit de AB : 47,70 kW et non 9 + 31,2 + 12 = 52,2 kW. Trois appareils étant desservis, le foisonnement s'applique.

Parcours vérifiés

ParcoursL totaleChute Pression à l'appareilMarge
AB → BC7,00 m0,312 mbar20,69 mbar0,188 mbar
AB → BD → DE12,50 m0,348 mbar20,65 mbar0,152 mbar
Le réseau tient — « La pression reste dans la plage de fonctionnement en sécurité des appareils sur tous les parcours. » La pression la plus basse, 20,65 mbar, est confortablement au-dessus de la borne de 17 mbar.

On mesure ici l'écart entre les deux passes : la sélection a raisonné comme si chaque tronçon consommait à lui seul les 0,50 mbar disponibles, alors que le parcours complet n'en consomme réellement que 0,348.

A2 — Alimentation d'une chaufferie, accessoires détaillés

Une mini-chaufferie en sous-sol d'immeuble collectif, une chaudière unique, alimentée en basse pression depuis un poste de livraison. C'est l'exemple à retenir pour comprendre le mode « accessoire par accessoire ».

Entrées

Gaz
Gaz naturel type H
Ouvrage
Alimentation d'un site de production d'énergie
Tube
Acier série moyenne
Pression à l'origine
21 mbar
Agrégation
Somme des appareils simultanés
Singularités
Longueurs équivalentes, accessoire par accessoire
Tronçon unique « CH »
10,00 m — charge : Autre appareil, débit calorifique 70 kW
Accessoires déclarés
6 coudes à 90°, 2 coudes à 45°, 1 vanne à passage direct, 1 robinet papillon
! Pour un site de production d'énergie, on saisit le débit calorifique de la chaudière (type de charge « Autre appareil »), pas sa puissance utile. Le type « Chaudière ou générateur » applique une majoration destinée aux installations intérieures de logement, et donnerait ici un débit plus élevé que la réalité.

Résultat

L'outil affiche une perte de charge admissible de 1,00 mbar, avec la mention « Alimentation d'un site de production d'énergie : budget du référentiel entre le poste de livraison et le générateur. » Le débit retenu est de 70,00 kW, soit 6,195 m³/h.

Le volet « Accessoires » détaille la longueur équivalente obtenue au calibre retenu :

AccessoireNombreUnitaireTotal
Coude à 90°60,34 m2,04 m
Coude à 45°20,27 m0,54 m
Vanne à passage direct10,27 m0,27 m
Robinet papillon10,68 m0,68 m
Longueur équivalente3,53 m

La longueur de calcul est donc de 13,53 m (10,00 réels + 3,53 d'accessoires). Le diamètre minimal ressort à 24,21 mm, et l'outil retient le calibre 25, soit un tube Ø 33,7 × 3,2 mm, de diamètre intérieur 27,3 mm. La vitesse du gaz est de 2,88 m/s.

La perte de charge réelle s'établit à 0,560 mbar, laissant 20,44 mbar au brûleur et une marge de 0,440 mbar.

Cette configuration est celle de l'exemple normatif de référence, qui aboutit au même calibre 25 et au même tube Ø 33,7. Elle sert de contrôle de non-régression au vérificateur de l'API.

A3 — Conduite d'immeuble en moyenne pression

Une conduite d'immeuble alimentée en moyenne pression, prolongée par une conduite montante de six niveaux. Le débit vient d'un abaque de foisonnement du distributeur : il est saisi directement.

Entrées

Gaz
Gaz naturel type H
Ouvrage
Conduite d'immeuble
Tube
Acier série moyenne
Pression à l'origine
300 mbar
Tronçon « CI »
38,00 m, horizontal, aucune charge propre
Tronçon « CM »
22,00 m, dénivelé +18 m, charge : débit saisi 42 m³/h

Résultat

L'outil bascule de lui-même en régime MP et retient une perte de charge admissible de 5,00 mbar. Le débit remonte de CM vers CI : les deux tronçons transportent 42 m³/h.

TronçonL réelleL de calcul Ø miniCalibreTube Ø int.Vitesse
CI38,00 m72,00 m48,32 mm50Ø 60,3 × 3,653,1 mm4,05 m/s
CM22,00 m72,00 m48,32 mm50Ø 60,3 × 3,653,1 mm4,05 m/s

Parcours CI → CM, 60,00 m réels : chute de 3,172 mbar dont +0,841 mbar apportés par le dénivelé, pression au pied du dernier niveau 297,67 mbar, marge 1,828 mbar. Le réseau tient.

Le dénivelé est ici favorable : le gaz naturel est plus léger que l'air, la colonne de 18 mètres rend 0,841 mbar au lieu d'en consommer. C'est le sens de la colonne « Dont dénivelé », comptée séparément de la chute par frottement.

A4 — Propane en habitation individuelle, avec dénivelé

Une maison alimentée depuis une citerne de propane en limite de propriété. Le même dénivelé qu'à l'exemple précédent, mais en sens inverse : le propane est plus lourd que l'air.

Entrées

Gaz
Propane commercial
Ouvrage
Installation intérieure de logement
Tube
Cuivre
Pression à l'origine
37 mbar
Immeuble / compteur
Habitation individuelle — compteur en limite de propriété
Tronçon « P1 »
18,00 m, horizontal, aucune charge
Tronçon « P2 »
9,00 m, dénivelé +6 m — 1 chaudière de 25 kW et 1 appareil de cuisson

Résultat

Perte de charge admissible : 1,85 mbar, avec la mention « Hydrocarbure liquéfié en basse pression : la perte de charge admissible est rapportée à la pression nominale d'alimentation. » — une valeur qui n'est donc pas celle d'un gaz naturel. Plage de fonctionnement rappelée : 25 à 45 mbar.

Débit total 41,50 kW, soit 1,609 m³/h. Deux appareils seulement : le foisonnement ne retire rien, les débits s'additionnent.

Les deux tronçons ressortent en calibre 20 (Ø 22 × 1,0 mm, intérieur 20,0 mm), pour un diamètre minimal calculé de 17,76 mm et une longueur de calcul de 32,40 m sur les deux.

Parcours P1 → P2 : chute totale 1,043 mbar, dont −0,406 mbar imputables au dénivelé. Pression à l'appareil 35,55 mbar, marge 0,807 mbar.

! Comparez avec l'exemple A3 : même sens de montée, effet inverse. Six mètres de propane coûtent 0,406 mbar, là où dix-huit mètres de gaz naturel en rendaient 0,841. Sur une maison à étages alimentée au propane, cette part n'est pas négligeable devant un budget de 1,85 mbar.

A5 — Un avertissement qui n'est pas une non-conformité

Un branchement en moyenne pression B, de forte section. L'exemple montre comment l'outil traite une règle dont le fondement réglementaire a disparu.

Entrées

Gaz
Gaz naturel type H
Ouvrage
Conduite d'immeuble
Tube
Acier série moyenne
Pression à l'origine
1 000 mbar
Tronçon « BR »
45,00 m — débit saisi 60 m³/h

Résultat

Diamètre minimal 47,63 mm, calibre 50 (Ø 60,3 × 3,6 ; intérieur 53,1 mm), vitesse 3,76 m/s. Chute 2,958 mbar, pression résiduelle 997,04 mbar, marge 2,042 mbar. Le verdict de dimensionnement est favorable.

Mais l'outil ajoute, dans le bandeau « Points à vérifier » :

! « Tronçon BR : le diamètre intérieur retenu (53,1 mm) dépasse 37 mm, limite associée à cette pression. »

Cette limite provient d'un article de l'arrêté du 2 août 1977, texte intégralement abrogé le 1er janvier 2020 et remplacé par l'arrêté du 23 février 2018 — lequel ne fixe plus aucune limite de diamètre par palier de pression. La règle subsiste dans le référentiel normatif, qui renvoie encore au texte disparu.

L'outil la vérifie donc à titre de garde-fou, et non comme une obligation : elle sort en avertissement, jamais en non-conformité. C'est la même logique qui préside à tout le volet conception, où chaque règle est étiquetée Réglementaire ou Règle de l'art.

En pratique, ce diamètre reste à confronter au cahier des charges du distributeur, qui n'admet pas tous les calibres sur les ouvrages placés sous sa responsabilité.

3. Équivalences de diamètres — PEHD gaz et acier gaz

Une étude gaz se dimensionne dans un matériau et se commande souvent dans un autre : cuivre après compteur, PEHD pour la partie enterrée, acier en traversée ou en gaine. L'outil calcule dans le matériau choisi en tête d'étude, puis reporte la désignation équivalente en PEHD gaz et en acier gaz. Ce report n'entre dans aucune formule de perte de charge.

Le diamètre nominal n'est pas une mesure

Le DN est un rang de désignation, hérité du pouce. Il ne se lit sur aucune cote du tube. Un DN 25 vaut Ø 33,7 mm en acier et Ø 32 mm en PEHD gaz, pour des diamètres intérieurs de 27,3 et 26,0 mm. Trois conséquences pratiques :

Deux lectures, et il faut savoir laquelle on regarde

C'est pourquoi le bloc « Équivalences », sous le tableau de dimensionnement, en donne deux et non une :

À diamètre nominal constant
Traduction de désignation. Le calibre 25 retenu se commande Ø 32 en PEHD gaz et Ø 33,7 en acier gaz. C'est la réponse à « comment ça s'appelle ailleurs », pas à « est-ce que ça passe ».
À débit constant
Le plus petit tube de chaque famille dont le Ø intérieur couvre le Ø mini calculé. C'est la réponse hydrauliquement valable, et elle peut tomber sur un DN différent d'une famille à l'autre. C'est celle-ci qu'il faut lire quand on change réellement de matériau, typiquement au passage en enterré.

Les trois dernières colonnes du tableau de dimensionnement (DN, PEHD, acier) reprennent la première lecture. L'export CSV porte les deux, dans deux blocs séparés — les mélanger laisserait croire qu'un même tronçon peut avoir deux calibres dans le même matériau.

PEHD gaz : pourquoi ce n'est pas du PEHD eau

NF EN 1555-2 impose une épaisseur minimale de 3,0 mm en combustible gazeux, quelle que soit la série. En dessous du Ø 40, cette règle prend le pas sur le SDR : le Ø 20 « SDR 11 » est en réalité un SDR 6,7, le Ø 25 un SDR 8,3, le Ø 32 un SDR 10,7. Les épaisseurs tabulées sont donc les épaisseurs réelles du catalogue gaz, jamais dext/11, et le SDR effectif est affiché en clair dans l'onglet « Diamètres ».

La série retenue est le SDR 11, MOP 10 bar : c'est celle des branchements et des conduites enterrées. Au-delà du Ø 200, la gamme gaz française passe en SDR 17,6 (MOP 5 bar), qui relève d'une étude de distribution et sort du domaine de l'outil.

Certaines dimensions — Ø 25, 50, 75, 140, 180 — sont normalisées mais peu distribuées : la gamme complète de raccords électrosoudables n'existe pas. L'outil les signale d'un « ⚠ » plutôt que de les taire, parce que c'est en conception qu'on veut l'apprendre, pas sur le chantier.

! Le PEHD ne se pose ni en apparent, ni en traversée de paroi, ni à l'intérieur d'un bâtiment. La transition se fait par un raccord de transition PE/acier placé hors de l'emprise du bâti. L'équivalence affichée est une correspondance de diamètre ; elle ne dit rien de l'admissibilité du matériau à l'endroit considéré, qui relève du volet « Conception ».

Acier gaz : deux cotes au DN 150

Le tube filetable dit « tube gaz » (NF EN 10255) s'arrête au Ø 165,1 mm, tandis que la série 1 de EN 10220 — celle des tubes de canalisation — retient Ø 168,3 mm. Les deux existent, ne se raccordent pas entre eux, et se commandent sous le même DN 150. L'outil affiche les deux plutôt que d'en choisir une en silence.

À partir du DN 200, l'épaisseur ne se lit dans aucune table de tube filetable : elle résulte du calcul mécanique (pression maximale de service, contrainte admissible, coefficient de joint soudé) et de la spécification du distributeur. Seul le Ø extérieur normalisé est reporté, et la case épaisseur reste vide — l'outil préfère un blanc explicite à une valeur inventée.

L'onglet « Diamètres »

Il donne la table de correspondance complète, consultable sans lancer de calcul : DN, PEHD gaz (Ø extérieur, épaisseur, Ø intérieur, SDR réel), acier gaz (Ø extérieur, épaisseurs des séries moyenne et lourde, Ø intérieur). Y figurent aussi les dimensions PEHD normalisées que le commerce français ne raccroche à aucun DN — Ø 140 et Ø 180 — listées à part plutôt que rangées sous un rang inventé.

Exemple

Réseau dimensionné en cuivre, tronçon d'amenée : le moteur retient le calibre 25 (cuivre Ø 28 × 1, intérieur 26,0 mm) pour un Ø mini calculé de 22,1 mm. Le bloc « Équivalences » affiche :

Sur un tronçon terminal en calibre 12 (cuivre Ø 14, intérieur 12,0 mm), elles divergent : le DN 10 n'existe pas en PEHD gaz, dont la gamme commence au Ø 20. La lecture à DN constant rend un tiret ; la lecture à débit constant rend Ø 20 × 3 (int. 14,0 mm), le plus petit tube gaz disponible. Le tiret dit « il n'y en a pas », il ne dit pas « on n'a pas regardé ».

4. Capacité tampon

Onglet dédié. Il répond à une question : entre le poste de livraison et le site de production d'énergie, la tuyauterie contient-elle assez de gaz pour absorber l'à-coup de débit au démarrage d'un brûleur ? Si non, de combien manque-t-elle, et quel diamètre donner à la nourrice qui complètera.

Exemple C1 — mini-chaufferie en basse pression

Débit nominal du poste
10 m³/h
Pression aval maximale
21 mbar
Liaison
10 m en acier, calibre 25
Longueur disponible pour une nourrice
3 m

Résultat affiché :

! Le volume se calcule sur la longueur réelle, jamais sur la longueur équivalente. Les coudes ajoutent de la perte de charge, pas du volume — l'outil le rappelle sous le résultat.

Exemple C2 — le même poste en moyenne pression

Débit nominal du poste
65 m³/h
Pression aval maximale
300 mbar
Liaison
24 m en acier, calibre 50
Longueur disponible pour une nourrice
2 m

Palier « pression aval de 50 à 400 mbar » : le volume requis tombe à 65,00 litres. La tuyauterie en apporte 55,20 litres (2,300 l/m × 24 m), il manque 9,80 litres, soit une nourrice de 2 m et 79 mm de diamètre théorique.

L'outil rappelle enfin les trois moyens admis d'obtenir ce volume : le seul volume de la tuyauterie de liaison, une capacité individualisée disposée en ligne et non en dérivation, ou un dispositif d'absorption de surpression.

Le diamètre de nourrice n'est pas une référence de catalogue

Les 75 mm de l'exemple C1 et les 79 mm de l'exemple C2 sont des diamètres intérieurs théoriques : un volume divisé par une longueur, rien d'autre. Personne ne commande « Ø 79 mm ». Un bloc « Équivalences » est donc affiché sous le résultat, qui rapproche cette cote du premier tube du commerce dont l'intérieur la couvre, en PEHD gaz et en acier gaz — et rappelle au passage l'équivalence du calibre saisi pour la liaison.

La règle de lecture est celle de la section 3 : le calibre saisi est traduit à DN constant, le diamètre de nourrice est cherché à volume constant, sur le Ø intérieur.

5. Le volet conception

Ce qu'il faut renseigner

Le volet « Conception » de chaque tronçon demande quatre choses : le matériau, le type d'ouvrage, le mode d'assemblage, puis les environnements traversés et les protections prévues, cochés dans deux listes. La section 3 de la page porte le contexte commun : bâtiment individuel ou collectif, neuf ou existant, distance de l'organe de coupure générale à la façade, puissance du site de production d'énergie, hauteur du plancher bas du logement le plus haut, nombre de logements par cage d'escalier.

! Un tronçon dont aucun environnement n'est coché ne produit aucun verdict de cheminement, et l'outil le signale : « Aucun environnement déclaré : ouvrez le volet « Conception » de ce tronçon pour indiquer ce qu'il traverse. »

Deux poids, et ils sont assumés

Chaque règle porte une étiquette :

La synthèse compte les deux séparément. C'est ce qui permet de distinguer ce qui est illégal de ce qui engage au titre du marché — et d'éviter que les vraies non-conformités se noient dans une liste d'écarts.

B1 — Un cheminement qui passe

La conduite d'immeuble de l'exemple A3, qui traverse le parc de stationnement couvert annexe du bâtiment. Acier soudé, sans accessoire, à plus de deux mètres de hauteur, repérée.

Entrées de conception

Bâtiment
Immeuble collectif, neuf
Pression
300 mbar
Distance OCG → façade
8 m
Tronçon « CI »
Acier série moyenne — Conduite d'immeuble — Soudage
Environnement traversé
Parc de stationnement couvert
Protections cochées
Aucun raccord mécanique ni accessoire sur la traversée ; conduite à 2 m de hauteur au moins ; tuyauterie repérée

Verdict

Aucun manquement relevé. « Aucune non-conformité ni écart relevé sur les points examinés par l'outil. Cela ne vaut pas conformité de l'installation : l'outil ne juge que ce qui lui a été décrit, et son référentiel n'est pas exhaustif. »

Sur la règle « Traversée d'un sous-sol ou d'un parc de stationnement couvert par une conduite à usage collectif » (étiquetée Réglementaire), l'outil affiche les trois voies admises et dit laquelle est réunie :

VoieÉtat
Conduites placées sous gaine coupe-feu de degré 2 heures, ventilée au moins à l'une de ses extrémitésnon réunie — à prévoir : la gaine
Conduites réalisées en tubes d'acier assemblés par soudage, sans aucun accessoire ni raccord mécanique, à 2 m de hauteur au moins et repérées✓ satisfaite
Conduite en cuivre placée sous protection mécaniquevoie non ouverte en « Parc de stationnement couvert »

La troisième voie mérite un mot : elle a été ouverte par l'arrêté de 2018, qui admet désormais le cuivre sous protection mécanique en sous-sol — mais pas en parc de stationnement couvert ni en local de stockage des déchets ménagers en sous-sol. L'outil grise donc la voie et dit pourquoi, plutôt que de la masquer.

L'outil énumère par ailleurs les organes de coupure à prévoir pour ce projet : OCG, OCG avant le parc + OCC à l'intérieur du bâtiment, OCI et OCA — et rappelle les points de vigilance de la traversée : jeu de 6 mm par mètre linéaire aux extrémités des longueurs droites, cheminement hors des zones de remisage, emprunt du premier niveau du parc, distance portée à 30 mm au croisement des canalisations électriques.

B2 — Le même en défaut

Même traversée, mais la conduite est en cuivre assemblé à la brasure tendre, sans protection déclarée. Et l'organe de coupure générale a été implanté à 26 mètres de la façade.

Verdict

Non-conformités relevées — « 3 non-conformités réglementaires relevées. »

Ce que l'outil détaille

  1. Traversée du parc de stationnement — aucune des trois voies n'est réunie. Pour la voie « acier soudé », l'outil liste précisément ce qui manque : nature de tube attendue (acier), assemblage attendu (soudage), absence de raccord mécanique et d'accessoire, hauteur de 2 m, repérage. Pour la voie « gaine coupe-feu 2 heures », il ne manque que la gaine.
  2. Conduite d'immeuble réalisée autrement qu'en acier ou cuivre sans raccord mécanique — deux voies possibles, aucune réunie : il faut soit une gaine aérée, soit un dispositif de protection mécanique assurant l'aération.
  3. Brasure tendre — « La brasure tendre est interdite pour la réalisation des installations de gaz à usage collectif. »

À quoi s'ajoute, dans la liste des organes de coupure, une entrée qui n'apparaissait pas en B1 : Organe de coupure supplémentaire, déclenchée par la distance de 26 mètres — « La plus courte distance de la façade du bâtiment desservi à l'OCG dépasse 20 mètres : un organe de coupure supplémentaire est exigé. Il peut être situé en façade extérieure ou à l'intérieur, et dans les deux cas au point accessible le plus proche de la pénétration de la canalisation dans le bâtiment. »

C'est le point d'intérêt de l'outil : il ne se contente pas de refuser. Pour chaque voie admise, il dit ce qu'il manque. Savoir qu'un cheminement est refusé n'aide personne ; savoir qu'il ne manquait qu'un fourreau ventilé change la journée.

6. Organes de coupure, vannes et pénétrations

Organes de coupure

L'outil produit la liste de ceux qu'exige le projet décrit, avec leurs exigences d'implantation. La nomenclature est celle de l'arrêté de 2018, qui a remplacé les appellations historiques et qui est celle que porteront les certificats de conformité :

S'y ajoutent, selon le cas : l'organe de coupure supplémentaire au-delà de 20 mètres, l'OCG à fermeture rapide et le dispositif de coupure sur sur-débit au-delà de 400 mbar en collectif, le robinet déclencheur de tige-cuisine, le robinet supplémentaire de tige après compteur, le robinet d'essai bouchonné en local de production d'énergie, l'organe de coupure spécifique des installations de plus de 2 000 kW, et les règles d'implantation du détendeur.

Mise en place des vannes

Quatre blocs, toujours affichés : accessibilité et repérage, où l'on ne pose PAS de vanne, assemblages proscrits, qualification des intervenants. Le second est celui qu'on relit le plus : il rassemble les endroits où aucun organe de coupure, aucun raccord mécanique et aucun accessoire ne sont admis — traversée d'un local à risque, volume d'un parc de stationnement, vide sanitaire, galerie technique, faux-plafond sous fourreau, tuyauterie incorporée — ainsi que les dérivations interdites en aval de l'organe de coupure spécifique d'un site de production d'énergie.

Pénétration dans un volume intérieur

Six blocs, dont le premier est étiqueté Réglementaire et prime sur tous les autres :

« Lorsqu'une conduite pénètre dans un bâtiment ou un logement, l'espace annulaire entre le mur et la tuyauterie est obturé, afin d'empêcher la pénétration du gaz dans le bâtiment ou le logement. » En cas de passage sous fourreau, deux espaces sont à obturer : mur/fourreau et fourreau/tuyauterie.

Les cinq autres couvrent l'émergence du sol à l'extérieur (fourreau pénétrant d'au moins 0,20 m dans le sol, protection sur 2 m si l'émergence dépasse 2 m), l'émergence à l'intérieur, la traversée de plancher (fourreaux non fendus, dépassant d'au moins 0,05 m, espace annulaire supérieur rempli d'un matériau inerte), la traversée de parois et de cloisons, et la liaison équipotentielle.

Un septième bloc n'apparaît que si un tronçon est déclaré en polyéthylène : commutation en canalisation métallique environ un mètre avant la pénétration, remontée de 2 m au maximum, fourreau obligatoire si encastrée, protection contre les chocs et la lumière si extérieure, raccord plastique-métal dans un coffret, et les bornes de température à ne pas franchir.

Le filtrage est volontaire : afficher les prescriptions du polyéthylène sur un chantier tout cuivre noierait la règle qui compte sous des points sans objet.

7. Essais avant mise en gaz

L'outil sélectionne les essais applicables d'après la nature des installations décrites (collective, intérieure, site de production d'énergie), la pression et le gaz. Pour chacun il donne la pression d'essai, le type et la résolution du manomètre, sa plage, le temps de stabilisation et la durée minimale.

Exemple, pour l'installation collective à 300 mbar de l'exemple B1 :

EssaiPressionManomètreRésolutionPlageStabilisationDurée mini
Étanchéitépression de service (± 10 %)métallique10 mbar0 – 600 mbar15 minutes10 minutes

Un projet qui comporte à la fois des ouvrages collectifs et des installations intérieures fait apparaître plusieurs cas — c'est voulu : les textes exigent des essais distincts.

Sont rappelés en outre les principes communs (l'essai de résistance mécanique précède toujours l'essai d'étanchéité, les gaz admis, l'interdiction de l'oxygène en bouteille et de tout gaz combustible, la manœuvre des organes de coupure intermédiaires pendant l'essai) et le régime des certificats de conformité, avec le choix du modèle :

8. Messages d'erreur et garde-fous

Tous les messages ci-dessous sont ceux que l'outil affiche réellement.

Structure du réseau

Saisie

Le garde-fou du foisonnement collectif

! « Pour un ouvrage collectif, le débit doit être saisi directement : le foisonnement se lit sur les abaques du distributeur et n'est pas modélisé par l'outil. »

L'outil refuse plutôt que d'appliquer aux branchements, conduites d'immeuble, conduites montantes et tiges-cuisine la règle de foisonnement des installations après compteur, qui n'a pas cours pour ces ouvrages. C'est un refus délibéré : appliquer silencieusement la mauvaise règle produirait un branchement sous-dimensionné sans que personne ne s'en aperçoive.

Avertissements de calcul

9. Ce que l'outil ne fait pas

L'onglet « Référentiel » de l'outil affiche cette liste, ainsi que le millésime du référentiel et les textes dépouillés avec leur date de version. La reproduire ici évite d'avoir à ouvrir l'outil pour savoir s'il couvre un cas.

! Un dernier point, affiché par l'outil lui-même dès qu'aucun manquement n'est relevé : l'absence de non-conformité ne vaut pas conformité de l'installation. L'outil ne juge que ce qui lui a été décrit, et son référentiel n'est pas exhaustif. De même, un environnement pour lequel il n'a aucune règle produit la mention « Aucune règle au référentiel de l'outil pour cet environnement. Un silence n'est pas une autorisation. »

Enregistrer, rouvrir, exporter