Condensation dans les parois — méthode de Glaser

Documentation par l'exemple — cas d'usage chiffrés

Outil
rubrique-CVC/condensation.php — Bâti'Tools (compte PRO)
Ce que l'outil détermine
Si la vapeur d'eau se condense dans une paroi multicouche, à quelle interface, en quelle quantité — et, sur douze mois, si l'eau déposée repart
Outil voisin
Diagramme de l'air humide — mêmes tables de conditions d'ambiance

Cette page rassemble des exemples chiffrés couvrant les trois questions auxquelles l'outil répond : la paroi condense-t-elle dans son épaisseur, de l'eau apparaît-elle sur sa face intérieure, et l'eau déposée en hiver repart-elle en été. Une même paroi de référence est reprise d'un exemple à l'autre, avec une seule variable modifiée à chaque fois : c'est ainsi que l'on voit ce qui pèse réellement.

Toutes les valeurs de résultat présentées ci-après (températures d'interface, pressions, débits de condensation, cumuls mensuels) sont directement issues d'une exécution réelle de l'outil sur les données d'entrée indiquées, pour en garantir l'exactitude.

Sommaire

  1. 0. Ce que fournit l'outil
  2. 1. Décrire une paroi
  3. 2. Quatre parois, un seul hiver
    1. A1 — Isolation par l'extérieur
    2. A2 — Isolation par l'intérieur, sans pare-vapeur
    3. A3 — La même, avec pare-vapeur
    4. A4 — La même, derrière un hall de piscine
  4. 3. Condensation de surface et moisissures
  5. 4. Ce que déplacent les résistances superficielles
  6. 5. Le bilan sur douze mois
  7. 6. Enregistrer et rouvrir une étude
  8. 7. Messages d'alerte
  9. 8. Ordres de grandeur, pour dégrossir
  10. 9. Ce que la méthode ne dit pas

0. Ce que fournit l'outil

À partir des conditions d'ambiance de part et d'autre (température et humidité relative) et de la composition de la paroi couche par couche, l'outil établit :

L'outil est en saisie libre : il n'embarque aucun catalogue de matériaux. Les caractéristiques de chaque couche sont celles que vous renseignez, tirées des fiches techniques des fabricants ou des valeurs tabulées de la NF EN ISO 10456. Le §8 donne des ordres de grandeur pour dégrossir une étude, jamais pour la conclure.

1. Décrire une paroi

Les couches se saisissent de l'intérieur vers l'extérieur, la première ligne étant celle qui touche l'ambiance intérieure. Le bouton « + » ajoute une couche, les flèches la déplacent, « ⧉ » la duplique et « ✕ » la supprime.

Deux écritures pour la conduction

Chaque couche accepte soit sa conductivité λ en W/(m·K), soit sa résistance thermique R en m²·K/W. La seconde écriture existe pour les produits vendus par leur R — panneaux composites, complexes de doublage, lames d'air ventilées — dont le λ n'a pas de sens pris isolément. Un pare-vapeur se déclare ainsi avec R = 0.

Deux écritures pour la vapeur

De même, chaque couche accepte soit son coefficient μ (sans dimension, rapport entre la résistance du matériau et celle de l'air), soit son Sd en mètres. Le Sd est l'épaisseur d'air immobile qui offrirait la même résistance à la vapeur : Sd = μ × épaisseur. C'est l'écriture des membranes, dont on ne connaît jamais le μ mais toujours le Sd.

L'épaisseur reste demandée dans tous les cas : c'est elle qui donne au second graphique son échelle physique. Une membrane se déclare à 0,2 mm sans que cela gêne le calcul.

Reprendre une condition d'ambiance

Le bouton « Valeurs types d'humidité » ouvre les deux tables de l'outil Diagramme de l'air humide : conditions extérieures de base par saison et par zone climatique, ambiances intérieures par nature de local. Deux boutons par ligne appliquent le couple (θ, HR) d'un côté ou de l'autre de la paroi. Les deux outils partagent les mêmes valeurs, pour qu'une note de calcul et un tracé psychrométrique du même projet ne se contredisent pas.

2. Quatre parois, un seul hiver

Les quatre exemples qui suivent partagent les mêmes conditions extérieures — −5 °C / 90 %, condition de base de la zone H2 — et les mêmes résistances superficielles de paroi verticale, Rsi = 0,13 et Rse = 0,04 m²·K/W. Ce qui change, c'est la position de l'isolant, la présence d'une membrane, et la charge d'humidité du local.

Retenez l'ordre de grandeur avant d'entrer dans le détail : entre la paroi la plus saine et la plus défectueuse de cette série, le dépôt d'eau passe de zéro à 129 g/m² par jour — soit, sur une façade de 100 m², treize litres d'eau quotidiens dans la paroi.

A1 — Isolation par l'extérieur, 140 mm de polystyrène

La configuration de référence : l'isolant est du côté froid, la maçonnerie reste chaude et sèche.

Données d'entrée

Ambiance intérieure
20 °C / 60 % HR
Ambiance extérieure
−5 °C / 90 % HR
Rsi / Rse
0,13 / 0,04 m²·K/W
Couche (de l'intérieur)Épaisseurλμ
Enduit plâtre15 mm0,3510
Béton banché200 mm2,00120
PSE140 mm0,03860
Enduit minéral10 mm0,8025

Résultat

RT / U
4,01 m²·K/W — 0,249 W/(m²·K)
Sd total
32,80 m
Température de face intérieure
19,2 °C (fRsi = 0,97)
HR au contact de la face int.
63 % — point de rosée intérieur 12,0 °C
Pressions de vapeur
1 402 Pa à l'intérieur, 361 Pa à l'extérieur
Plans de condensation
aucun
Vapeur traversante
0,0229 g/m²·h

L'interface béton/PSE est à 18,3 °C : le béton, protégé par l'isolant, ne descend jamais assez bas pour que la vapeur y sature. L'interface la plus tendue est PSE/enduit extérieur, à −4,7 °C et 89 % d'HR locale — proche de la saturation, mais du bon côté, et dans un matériau qui ne craint rien.

Aucune condensation — la paroi est saine dans ces conditions.

A2 — Isolation par l'intérieur, sans pare-vapeur

Le cas d'école. Même béton, même épaisseur d'isolant à peu près, mais posé du mauvais côté et sans membrane devant lui.

Données d'entrée

Ambiance intérieure
20 °C / 60 % HR
Ambiance extérieure
−5 °C / 90 % HR
Couche (de l'intérieur)Épaisseurλμ
Plaque de plâtre BA1313 mm0,2510
Laine minérale100 mm0,0351,3
Béton banché200 mm2,00120

Résultat

RT / U
3,18 m²·K/W — 0,315 W/(m²·K)
Sd total
24,26 m
Température de face intérieure
19,0 °C — HR de surface 64 %
Plan de condensation
interface Laine minérale / Béton banché, à −3,9 °C
Débit déposé
2,660 g/m²·h, soit 63,8 g/m² par jour
Débits de part et d'autre du plan
2,663 g/m²·h y arrivent, 0,002 g/m²·h en repartent

Tout est dit par les deux derniers chiffres : la vapeur franchit sans peine le doublage (Sd = 0,26 m pour la plaque et la laine réunies) et se heurte au béton (Sd = 24 m). Elle arrive mille fois plus vite qu'elle ne repart, et la différence reste sur place — dans la laine, contre le béton, à −3,9 °C.

Condensation dans la paroi — un plan de condensation est atteint dans l'épaisseur de la paroi.

A3 — La même paroi, avec un pare-vapeur Sd = 18 m côté chaud

Une seule couche ajoutée, entre la plaque de plâtre et la laine. Rien d'autre ne change, pas même la résistance thermique.

Données d'entrée

Ambiances
identiques à A2 — 20 °C / 60 % et −5 °C / 90 %
Couche ajoutée
Pare-vapeur, 0,2 mm, R = 0 m²·K/W, Sd = 18 m — inséré en 2e position

Résultat

RT / U
3,18 m²·K/W — 0,315 W/(m²·K) (inchangés)
Sd total
42,26 m (24,26 m en A2)
Plan de condensation
même interface Laine minérale / Béton banché, à −3,9 °C
Débit déposé
0,036 g/m²·h, soit 0,9 g/m² par jour

Le plan de condensation n'a pas disparu — Glaser est une méthode sévère, et l'outil ne l'adoucit pas. Mais le dépôt est divisé par 74, passant de 63,8 à 0,9 g/m²·j. C'est la différence entre une paroi qui accumule et une paroi qui sèche : le §5 le montre sur douze mois. La pression de vapeur chute de 1 395 à 448 Pa en traversant la seule membrane, alors que la température, elle, ne bouge pas d'un dixième de degré à travers elle.

Condensation résiduelle, mais d'un ordre de grandeur compatible avec un séchage estival — à confirmer par le bilan annuel (§5).

A4 — La paroi A2, derrière un hall de piscine

Même paroi défectueuse, mais le local passe de 20 °C / 60 % à 29 °C / 60 %. L'humidité relative est identique ; c'est la température qui change.

Données d'entrée

Ambiance intérieure
29 °C / 60 % HR — hall de piscine couverte
Ambiance extérieure
−5 °C / 90 % HR
Paroi
identique à A2

Résultat

Pression de vapeur intérieure
2 402 Pa (1 402 Pa en A2)
Point de rosée intérieur
20,4 °C (12,0 °C en A2)
Température de face intérieure
27,6 °C — HR de surface 65 %
Plan de condensation
même interface, à −3,5 °C
Débit déposé
5,387 g/m²·h, soit 129,3 g/m² par jour

À humidité relative égale, neuf degrés de plus multiplient par 1,7 la pression de vapeur intérieure, et par deux le dépôt. C'est le piège classique des locaux chauds et humides : on raisonne en HR, alors que la vapeur, elle, ne connaît que la pression. Un hall de piscine à 60 % est bien plus agressif pour une paroi qu'une salle de bain à 75 %.

Condensation dans la paroi — 129 g/m² par jour, soit près de 4 kg/m² sur un mois d'hiver.

3. Condensation de surface et moisissures

Les deux exemples précédents portaient sur la condensation dans la paroi. L'outil traite séparément deux autres questions, qui se jouent sur la face intérieure et qu'aucune membrane ne résout :

Ces deux diagnostics dépendent de la température de surface, donc de l'isolation et des résistances superficielles — pas des μ ni des Sd.

A5 — Béton nu de 160 mm, ambiance à 70 % d'HR

Une paroi non isolée, cas d'un mur de refend en limite de zone chauffée ou d'un bâtiment ancien avant travaux.

Données d'entrée

Ambiance intérieure
20 °C / 70 % HR
Ambiance extérieure
−5 °C / 90 % HR
Paroi
Béton banché seul, 160 mm, λ = 2,00 W/(m·K), μ = 120

Résultat

RT / U
0,25 m²·K/W — 4,000 W/(m²·K)
Densité de flux
100,0 W/m²
Température de face intérieure
7,0 °C — facteur fRsi = 0,48
Point de rosée intérieur
14,4 °C
HR au contact de la face int.
≥ 100 %
Plans de condensation dans la paroi
aucun

Aucun plan de condensation dans l'épaisseur, et pourtant la paroi ruisselle. La face intérieure est à 7 °C alors que l'air du local rosée à 14,4 °C : sept degrés d'écart. Le verdict de l'outil bascule sur la condensation superficielle, qui prime — c'est un défaut de température de surface, que la résistance à la vapeur des couches ne corrigera jamais. Le remède est l'isolation, le traitement du pont thermique, ou l'abaissement de l'humidité de l'ambiance.

Condensation sur la face intérieure — de l'eau se dépose en surface, avant même toute diffusion dans la paroi.

A6 — Salle de bain sur paroi isolée par l'extérieur, zone H1

La paroi saine de l'exemple A1, cette fois sous une ambiance de pièce d'eau et par un hiver de zone H1. Cas limite : le verdict reste favorable, mais de peu.

Données d'entrée

Ambiance intérieure
22 °C / 75 % HR — salle de bain en usage
Ambiance extérieure
−7 °C / 90 % HR — zone H1
Paroi
identique à A1 (ITE, 140 mm de PSE)

Résultat

Température de face intérieure
21,1 °C (fRsi = 0,97)
HR au contact de la face int.
79 % — juste sous le seuil de 80 %
Point de rosée intérieur
17,4 °C
Pression de vapeur intérieure
1 982 Pa
Plans de condensation
aucun
Vapeur traversante
0,0368 g/m²·h

Le verdict est favorable parce que la paroi est bien isolée : fRsi vaut 0,97, la face intérieure suit l'ambiance à un degré près. Mais la marge est mince, et le tableau des interfaces le confirme : l'HR atteint 81 % à l'interface enduit/béton, un dixième de millimètre derrière la peinture. Une pointe d'usage à 80 % d'HR, un pont thermique en angle de mur, ou une ventilation défaillante suffisent à faire basculer ce cas. C'est exactement la situation où le résultat brut ne dispense pas de regarder les points singuliers.

Verdict favorable, mais à 1 point du seuil de moisissure : à traiter comme un cas limite, pas comme un cas sûr.

4. Ce que déplacent les résistances superficielles

Le sélecteur « Configuration » propose les quatre cas de la NF EN ISO 6946, et les deux champs restent modifiables à la main :

Paroi verticale, flux horizontal
Rsi = 0,13 — Rse = 0,04
Paroi horizontale, flux ascendant
Rsi = 0,10 — Rse = 0,04 (plafond, toiture)
Paroi horizontale, flux descendant
Rsi = 0,17 — Rse = 0,04 (plancher)
Paroi sur local non chauffé
Rsi = 0,13 — Rse = 0,13 (deux faces intérieures)

A7 — La paroi A2 en plancher plutôt qu'en mur

Un seul chiffre change : Rsi passe de 0,13 à 0,17 m²·K/W.

Résultat, comparé à A2

GrandeurA2 — Rsi = 0,13A7 — Rsi = 0,17
RT (m²·K/W)3,183,22
U (W/m²·K)0,3150,311
Température de face intérieure19,0 °C18,7 °C
HR au contact de la face int.64 %65 %
Facteur fRsi0,960,95
Dépôt au plan de condensation2,660 g/m²·h2,662 g/m²·h

Le dépôt ne bouge pratiquement pas — les résistances superficielles n'entrent pas dans le calcul de diffusion de vapeur. En revanche, la face intérieure perd trois dixièmes de degré et l'HR de surface gagne un point. Sur une paroi saine cela ne se voit pas ; sur un cas limite comme A6, où il ne restait qu'un point de marge avant le seuil de 80 %, ce même écart fait basculer le verdict. D'où l'intérêt de choisir la bonne configuration plutôt que de laisser la valeur par défaut.

Calcul effectué — le verdict de condensation interne est inchangé.

5. Le bilan sur douze mois

Le chapitre 3 de l'outil répond à une question de vérification : « cette paroi condense-t-elle dans ces conditions ? ». Le chapitre 4 en pose une autre, souvent plus décisive : l'eau déposée en hiver repart-elle en été ? Une paroi qui condense chaque hiver et sèche chaque été est viable. Une paroi qui accumule d'année en année ne l'est pas, même si la quantité mensuelle paraît faible.

Les douze lignes sont à saisir : l'outil n'embarque aucune base climatique. Trois façons de les remplir :

Le bouton « Recopier l'intérieur » reporte les consignes du chapitre 1 sur les douze mois, ce qui correspond au cas courant d'un local à consigne constante.

Le bilan est établi sur trois années identiques enchaînées, en partant d'une paroi sèche. C'est ce qui permet de distinguer une paroi qui revient chaque année à zéro d'une paroi dont le stock progresse d'un cycle sur l'autre — sans avoir à deviner par quel mois commencer.

B1 — Paroi A2 (sans pare-vapeur) sur une année

Ambiance intérieure constante à 20 °C / 60 %. Climat extérieur issu du générateur, réglé sur 12 °C de moyenne, ± 7 °C d'amplitude, 80 % d'HR moyenne.

Résultat mensuel

Moisθ ext.HR ext. Bilan du moisStock en fin de mois
Janvier5,0 °C88 %+1 005 g/m²2 396 g/m²
Février5,9 °C87 %+8033 199
Mars8,5 °C84 %+5193 718
Avril12,0 °C80 %−723 646
Mai15,5 °C76 %−7942 853
Juin18,1 °C73 %−1 3771 475
Juillet19,0 °C72 %−1 4750
Août à octobre18,1 à 12,0 °C73 à 80 %00
Novembre8,5 °C84 %+502502
Décembre5,9 °C87 %+8891 391
Accumulation maximale
3 718 g/m², atteinte fin mars
Retour à zéro
en juillet
Dérive d'un cycle à l'autre
0 g/m²

Le régime est cyclique et stable, mais 3,7 kg d'eau par mètre carré transitent chaque hiver dans la laine minérale. C'est beaucoup : assez pour dégrader durablement la conductivité de l'isolant, tacher le doublage et attaquer tout élément organique voisin. Un verdict « la paroi sèche chaque année » ne signifie pas « la paroi va bien » — il faut lire l'ordre de grandeur du cumul, pas seulement le retour à zéro.

La paroi sèche chaque année, mais avec un cumul hivernal de 3,7 kg/m² : réponse cyclique, comportement néanmoins inacceptable en pratique.

B2 — Paroi A3 (avec pare-vapeur Sd = 18 m) sur la même année

Mêmes douze mois, même ambiance intérieure. Seule la membrane a été ajoutée.

Résultat

Accumulation maximale
34 g/m², atteinte fin mars (3 718 g/m² en B1)
Retour à zéro
en juin
Mois de condensation
novembre à mars
Mois de séchage
avril à juin
Dérive d'un cycle à l'autre
0 g/m²

Le cumul est divisé par 110. Trente-quatre grammes d'eau par mètre carré, c'est l'équivalent d'une cuillère à soupe répartie sur toute la surface d'une porte : la laine reste sèche au sens pratique du terme, et le séchage est acquis dès le mois de juin. C'est le vrai enseignement du bilan annuel : en A3, le calcul de vérification annonçait encore un plan de condensation, ce qui pouvait inquiéter. Le bilan sur douze mois montre que ce plan est sans conséquence.

La paroi sèche chaque année — accumulation maximale 34 g/m², régime cyclique et stable.

B3 — Paroi A2 derrière un hall de piscine, sur la même année

Ambiance intérieure à 29 °C / 60 %, constante toute l'année, comme dans un hall de bassin. Même climat extérieur qu'en B1 et B2.

Résultat

Séchage annuel
non — le stock ne repasse jamais par zéro
Bilan mensuel le plus favorable
juillet, encore +283 g/m²
Accumulation en fin de troisième cycle
62,5 kg/m²
Progression d'un cycle sur l'autre
+20,8 kg/m² par an

Aucun mois de l'année ne sèche : même en juillet, l'écart de pression de vapeur entre le hall et l'extérieur reste dirigé vers l'extérieur, et la paroi continue de se charger. La valeur de 62,5 kg/m² n'a évidemment aucun sens physique — un isolant ne peut pas retenir cela — mais elle est précisément le message : le modèle diverge parce que la paroi est intenable. Ce qu'il faut lire, ce n'est pas le chiffre, c'est la pente de +20,8 kg/m² par an.

L'eau s'accumule d'une année sur l'autre — la paroi ne revient jamais à l'état sec, la teneur en eau croît sans limite.

6. Enregistrer et rouvrir une étude

« Enregistrer le projet (JSON) » télécharge un fichier contenant les conditions d'ambiance, les résistances superficielles, la composition complète de la paroi et, s'il a été rempli, le tableau des douze mois. Le nom du fichier porte la date du jour.

« Ouvrir un projet » recharge un tel fichier et relance le calcul immédiatement. Rien n'est conservé sur le serveur : une étude de condensation est un document de projet, sa place est dans le dossier d'affaire.

Le fichier est du JSON lisible : il se compare, se versionne et s'archive comme n'importe quelle pièce du dossier. Un fichier qui n'aurait pas été produit par cet outil est refusé avec le message « Ce fichier n'est pas un projet de l'outil condensation. »

7. Messages d'alerte

Verdicts

Bandeau vert
« Aucune condensation — la paroi est saine dans ces conditions »
Bandeau orange
« Pas de condensation, mais risque de moisissure en surface » — HR de surface entre 80 et 100 %
Bandeau rouge
« Condensation dans la paroi » ou « Condensation sur la face intérieure »

Refus de calcul

Aucune couche
« La paroi ne comporte aucune couche : ajoutez-en au moins une. »
Plus de 25 couches
« La paroi ne peut pas dépasser 25 couches. »
Valeur hors bornes
« Couche n° 1 : « lambda » doit être compris entre 0,001 et 500. »
Sd total nul
« La paroi n'oppose aucune résistance à la diffusion de vapeur (Sd total nul) : le diagramme de Glaser n'a pas de sens. »
Températures identiques
« Les températures intérieure et extérieure sont identiques : aucun flux ne traverse la paroi, il n'y a rien à tracer. »
Collage mal formé
« Le collage compte N ligne(s) : il en faut exactement douze. »
Mois incomplet
« Le mois de mars est incomplet. »

Une couche en cours de saisie n'est pas une erreur : tant qu'une ligne est incomplète, l'outil suspend simplement l'affichage du résultat, sans message rouge. Le calcul repart dès que toutes les lignes sont exploitables.

8. Ordres de grandeur, pour dégrossir

L'outil ne propose aucun catalogue : les valeurs ci-dessous sont rappelées pour vérifier qu'une saisie n'est pas absurde, jamais pour tenir lieu de donnée d'entrée. Les plages sont larges parce que les produits le sont. La fiche technique du produit posé fait foi, et à défaut les valeurs tabulées de la NF EN ISO 10456.

Coefficient μ de quelques familles

Familleλ indicatif (W/m·K)μ indicatif
Air immobile (référence)1
Laine minérale (verre, roche)0,030 – 0,0401 – 1,5
Fibre de bois0,038 – 0,0503 – 5
Polystyrène expansé (PSE)0,030 – 0,04020 – 100
Polyuréthane (PU / PIR)0,022 – 0,03040 – 200
Polystyrène extrudé (XPS)0,029 – 0,03880 – 250
Plâtre, plaque de plâtre0,20 – 0,354 – 10
Bois massif résineux0,12 – 0,1820 – 50
Enduit ciment0,80 – 1,2015 – 35
Béton dense, banché1,75 – 2,3070 – 130

Sd de quelques membranes et finitions

ProduitSd indicatif (m)Rôle
Pare-pluie ouvert à la vapeur0,02 – 0,3Côté froid — laisse sortir
Peinture acrylique0,05 – 0,5Finition, effet non négligeable
Frein-vapeur hygrovariable0,25 – 10Côté chaud — Sd variable selon l'HR
Peinture glycérophtalique0,5 – 2Finition, frein-vapeur involontaire
Pare-vapeur polyéthylène18 – 100Côté chaud — barre le passage
Complexe aluminium, bitume> 1 000Barrière quasi totale

La règle du côté chaud. Ce qui compte n'est pas la valeur absolue d'un Sd, mais son rapport à celui des couches situées plus loin vers le froid. Une paroi est saine quand elle est de plus en plus ouverte à la vapeur à mesure qu'on va vers l'extérieur — d'où le classique « facteur 5 » entre le Sd côté chaud et celui côté froid. Les exemples A2 et A3 illustrent exactement cela : c'est le rapport 0,26 / 24 qui condamne la première, et le rapport 18,26 / 24 qui sauve la seconde.

9. Ce que la méthode ne dit pas

Ces limites sont rappelées en bas de l'outil lui-même. Elles ne sont pas des réserves de style : elles délimitent les cas où un verdict favorable, ou défavorable, doit être repris autrement.

En pratique : Glaser est un outil de vérification et de comparaison entre variantes, excellent pour cela. Ce n'est pas un outil de prédiction de teneur en eau. Les exemples A2/A3 et B1/B2 montrent son meilleur usage — non pas « combien d'eau ? », mais « laquelle de ces deux parois se comporte le mieux, et de combien ? ».