Condensation dans les parois — méthode de Glaser
Documentation par l'exemple — cas d'usage chiffrés
- Outil
- rubrique-CVC/condensation.php — Bâti'Tools (compte PRO)
- Ce que l'outil détermine
- Si la vapeur d'eau se condense dans une paroi multicouche, à quelle interface, en quelle quantité — et, sur douze mois, si l'eau déposée repart
- Outil voisin
- Diagramme de l'air humide — mêmes tables de conditions d'ambiance
Cette page rassemble des exemples chiffrés couvrant les trois questions auxquelles l'outil répond : la paroi condense-t-elle dans son épaisseur, de l'eau apparaît-elle sur sa face intérieure, et l'eau déposée en hiver repart-elle en été. Une même paroi de référence est reprise d'un exemple à l'autre, avec une seule variable modifiée à chaque fois : c'est ainsi que l'on voit ce qui pèse réellement.
Toutes les valeurs de résultat présentées ci-après (températures d'interface, pressions, débits de condensation, cumuls mensuels) sont directement issues d'une exécution réelle de l'outil sur les données d'entrée indiquées, pour en garantir l'exactitude.
Sommaire
- 0. Ce que fournit l'outil
- 1. Décrire une paroi
- 2. Quatre parois, un seul hiver
- 3. Condensation de surface et moisissures
- 4. Ce que déplacent les résistances superficielles
- 5. Le bilan sur douze mois
- 6. Enregistrer et rouvrir une étude
- 7. Messages d'alerte
- 8. Ordres de grandeur, pour dégrossir
- 9. Ce que la méthode ne dit pas
0. Ce que fournit l'outil
À partir des conditions d'ambiance de part et d'autre (température et humidité relative) et de la composition de la paroi couche par couche, l'outil établit :
- la résistance thermique totale RT et le coefficient U ;
- la température à chaque interface, en régime permanent ;
- la pression de vapeur saturante qui en découle à chaque interface ;
- la pression de vapeur réelle, et l'endroit où elle rencontre la saturation ;
- le débit d'eau déposée à chaque plan de condensation, en g/m²·h et en g/m²·j ;
- l'humidité relative régnant dans la paroi à chaque interface ;
- le diagnostic de condensation superficielle et de risque de moisissure sur la face intérieure ;
- en option, un bilan sur douze mois avec cumul de l'eau déposée et ré-évaporation.
L'outil est en saisie libre : il n'embarque aucun catalogue de matériaux. Les caractéristiques de chaque couche sont celles que vous renseignez, tirées des fiches techniques des fabricants ou des valeurs tabulées de la NF EN ISO 10456. Le §8 donne des ordres de grandeur pour dégrossir une étude, jamais pour la conclure.
1. Décrire une paroi
Les couches se saisissent de l'intérieur vers l'extérieur, la première ligne étant celle qui touche l'ambiance intérieure. Le bouton « + » ajoute une couche, les flèches la déplacent, « ⧉ » la duplique et « ✕ » la supprime.
Deux écritures pour la conduction
Chaque couche accepte soit sa conductivité λ en W/(m·K), soit sa résistance thermique R en m²·K/W. La seconde écriture existe pour les produits vendus par leur R — panneaux composites, complexes de doublage, lames d'air ventilées — dont le λ n'a pas de sens pris isolément. Un pare-vapeur se déclare ainsi avec R = 0.
Deux écritures pour la vapeur
De même, chaque couche accepte soit son coefficient μ (sans dimension, rapport entre la résistance du matériau et celle de l'air), soit son Sd en mètres. Le Sd est l'épaisseur d'air immobile qui offrirait la même résistance à la vapeur : Sd = μ × épaisseur. C'est l'écriture des membranes, dont on ne connaît jamais le μ mais toujours le Sd.
L'épaisseur reste demandée dans tous les cas : c'est elle qui donne au second graphique son échelle physique. Une membrane se déclare à 0,2 mm sans que cela gêne le calcul.
Reprendre une condition d'ambiance
Le bouton « Valeurs types d'humidité » ouvre les deux tables de l'outil Diagramme de l'air humide : conditions extérieures de base par saison et par zone climatique, ambiances intérieures par nature de local. Deux boutons par ligne appliquent le couple (θ, HR) d'un côté ou de l'autre de la paroi. Les deux outils partagent les mêmes valeurs, pour qu'une note de calcul et un tracé psychrométrique du même projet ne se contredisent pas.
2. Quatre parois, un seul hiver
Les quatre exemples qui suivent partagent les mêmes conditions extérieures — −5 °C / 90 %, condition de base de la zone H2 — et les mêmes résistances superficielles de paroi verticale, Rsi = 0,13 et Rse = 0,04 m²·K/W. Ce qui change, c'est la position de l'isolant, la présence d'une membrane, et la charge d'humidité du local.
Retenez l'ordre de grandeur avant d'entrer dans le détail : entre la paroi la plus saine et la plus défectueuse de cette série, le dépôt d'eau passe de zéro à 129 g/m² par jour — soit, sur une façade de 100 m², treize litres d'eau quotidiens dans la paroi.
A1 — Isolation par l'extérieur, 140 mm de polystyrène
La configuration de référence : l'isolant est du côté froid, la maçonnerie reste chaude et sèche.
Données d'entrée
- Ambiance intérieure
- 20 °C / 60 % HR
- Ambiance extérieure
- −5 °C / 90 % HR
- Rsi / Rse
- 0,13 / 0,04 m²·K/W
| Couche (de l'intérieur) | Épaisseur | λ | μ |
|---|---|---|---|
| Enduit plâtre | 15 mm | 0,35 | 10 |
| Béton banché | 200 mm | 2,00 | 120 |
| PSE | 140 mm | 0,038 | 60 |
| Enduit minéral | 10 mm | 0,80 | 25 |
Résultat
- RT / U
- 4,01 m²·K/W — 0,249 W/(m²·K)
- Sd total
- 32,80 m
- Température de face intérieure
- 19,2 °C (fRsi = 0,97)
- HR au contact de la face int.
- 63 % — point de rosée intérieur 12,0 °C
- Pressions de vapeur
- 1 402 Pa à l'intérieur, 361 Pa à l'extérieur
- Plans de condensation
- aucun
- Vapeur traversante
- 0,0229 g/m²·h
L'interface béton/PSE est à 18,3 °C : le béton, protégé par l'isolant, ne descend jamais assez bas pour que la vapeur y sature. L'interface la plus tendue est PSE/enduit extérieur, à −4,7 °C et 89 % d'HR locale — proche de la saturation, mais du bon côté, et dans un matériau qui ne craint rien.
A2 — Isolation par l'intérieur, sans pare-vapeur
Le cas d'école. Même béton, même épaisseur d'isolant à peu près, mais posé du mauvais côté et sans membrane devant lui.
Données d'entrée
- Ambiance intérieure
- 20 °C / 60 % HR
- Ambiance extérieure
- −5 °C / 90 % HR
| Couche (de l'intérieur) | Épaisseur | λ | μ |
|---|---|---|---|
| Plaque de plâtre BA13 | 13 mm | 0,25 | 10 |
| Laine minérale | 100 mm | 0,035 | 1,3 |
| Béton banché | 200 mm | 2,00 | 120 |
Résultat
- RT / U
- 3,18 m²·K/W — 0,315 W/(m²·K)
- Sd total
- 24,26 m
- Température de face intérieure
- 19,0 °C — HR de surface 64 %
- Plan de condensation
- interface Laine minérale / Béton banché, à −3,9 °C
- Débit déposé
- 2,660 g/m²·h, soit 63,8 g/m² par jour
- Débits de part et d'autre du plan
- 2,663 g/m²·h y arrivent, 0,002 g/m²·h en repartent
Tout est dit par les deux derniers chiffres : la vapeur franchit sans peine le doublage (Sd = 0,26 m pour la plaque et la laine réunies) et se heurte au béton (Sd = 24 m). Elle arrive mille fois plus vite qu'elle ne repart, et la différence reste sur place — dans la laine, contre le béton, à −3,9 °C.
A3 — La même paroi, avec un pare-vapeur Sd = 18 m côté chaud
Une seule couche ajoutée, entre la plaque de plâtre et la laine. Rien d'autre ne change, pas même la résistance thermique.
Données d'entrée
- Ambiances
- identiques à A2 — 20 °C / 60 % et −5 °C / 90 %
- Couche ajoutée
- Pare-vapeur, 0,2 mm, R = 0 m²·K/W, Sd = 18 m — inséré en 2e position
Résultat
- RT / U
- 3,18 m²·K/W — 0,315 W/(m²·K) (inchangés)
- Sd total
- 42,26 m (24,26 m en A2)
- Plan de condensation
- même interface Laine minérale / Béton banché, à −3,9 °C
- Débit déposé
- 0,036 g/m²·h, soit 0,9 g/m² par jour
Le plan de condensation n'a pas disparu — Glaser est une méthode sévère, et l'outil ne l'adoucit pas. Mais le dépôt est divisé par 74, passant de 63,8 à 0,9 g/m²·j. C'est la différence entre une paroi qui accumule et une paroi qui sèche : le §5 le montre sur douze mois. La pression de vapeur chute de 1 395 à 448 Pa en traversant la seule membrane, alors que la température, elle, ne bouge pas d'un dixième de degré à travers elle.
A4 — La paroi A2, derrière un hall de piscine
Même paroi défectueuse, mais le local passe de 20 °C / 60 % à 29 °C / 60 %. L'humidité relative est identique ; c'est la température qui change.
Données d'entrée
- Ambiance intérieure
- 29 °C / 60 % HR — hall de piscine couverte
- Ambiance extérieure
- −5 °C / 90 % HR
- Paroi
- identique à A2
Résultat
- Pression de vapeur intérieure
- 2 402 Pa (1 402 Pa en A2)
- Point de rosée intérieur
- 20,4 °C (12,0 °C en A2)
- Température de face intérieure
- 27,6 °C — HR de surface 65 %
- Plan de condensation
- même interface, à −3,5 °C
- Débit déposé
- 5,387 g/m²·h, soit 129,3 g/m² par jour
À humidité relative égale, neuf degrés de plus multiplient par 1,7 la pression de vapeur intérieure, et par deux le dépôt. C'est le piège classique des locaux chauds et humides : on raisonne en HR, alors que la vapeur, elle, ne connaît que la pression. Un hall de piscine à 60 % est bien plus agressif pour une paroi qu'une salle de bain à 75 %.
3. Condensation de surface et moisissures
Les deux exemples précédents portaient sur la condensation dans la paroi. L'outil traite séparément deux autres questions, qui se jouent sur la face intérieure et qu'aucune membrane ne résout :
- la condensation superficielle — la face intérieure est plus froide que le point de rosée de l'air du local, l'eau se dépose en surface ;
- le risque de moisissure — il n'y a pas d'eau liquide, mais l'humidité relative au contact de la face intérieure dépasse 80 %, seuil retenu par la NF EN ISO 13788 pour le développement des moisissures sur un support ordinaire.
Ces deux diagnostics dépendent de la température de surface, donc de l'isolation et des résistances superficielles — pas des μ ni des Sd.
A5 — Béton nu de 160 mm, ambiance à 70 % d'HR
Une paroi non isolée, cas d'un mur de refend en limite de zone chauffée ou d'un bâtiment ancien avant travaux.
Données d'entrée
- Ambiance intérieure
- 20 °C / 70 % HR
- Ambiance extérieure
- −5 °C / 90 % HR
- Paroi
- Béton banché seul, 160 mm, λ = 2,00 W/(m·K), μ = 120
Résultat
- RT / U
- 0,25 m²·K/W — 4,000 W/(m²·K)
- Densité de flux
- 100,0 W/m²
- Température de face intérieure
- 7,0 °C — facteur fRsi = 0,48
- Point de rosée intérieur
- 14,4 °C
- HR au contact de la face int.
- ≥ 100 %
- Plans de condensation dans la paroi
- aucun
Aucun plan de condensation dans l'épaisseur, et pourtant la paroi ruisselle. La face intérieure est à 7 °C alors que l'air du local rosée à 14,4 °C : sept degrés d'écart. Le verdict de l'outil bascule sur la condensation superficielle, qui prime — c'est un défaut de température de surface, que la résistance à la vapeur des couches ne corrigera jamais. Le remède est l'isolation, le traitement du pont thermique, ou l'abaissement de l'humidité de l'ambiance.
A6 — Salle de bain sur paroi isolée par l'extérieur, zone H1
La paroi saine de l'exemple A1, cette fois sous une ambiance de pièce d'eau et par un hiver de zone H1. Cas limite : le verdict reste favorable, mais de peu.
Données d'entrée
- Ambiance intérieure
- 22 °C / 75 % HR — salle de bain en usage
- Ambiance extérieure
- −7 °C / 90 % HR — zone H1
- Paroi
- identique à A1 (ITE, 140 mm de PSE)
Résultat
- Température de face intérieure
- 21,1 °C (fRsi = 0,97)
- HR au contact de la face int.
- 79 % — juste sous le seuil de 80 %
- Point de rosée intérieur
- 17,4 °C
- Pression de vapeur intérieure
- 1 982 Pa
- Plans de condensation
- aucun
- Vapeur traversante
- 0,0368 g/m²·h
Le verdict est favorable parce que la paroi est bien isolée : fRsi vaut 0,97, la face intérieure suit l'ambiance à un degré près. Mais la marge est mince, et le tableau des interfaces le confirme : l'HR atteint 81 % à l'interface enduit/béton, un dixième de millimètre derrière la peinture. Une pointe d'usage à 80 % d'HR, un pont thermique en angle de mur, ou une ventilation défaillante suffisent à faire basculer ce cas. C'est exactement la situation où le résultat brut ne dispense pas de regarder les points singuliers.
4. Ce que déplacent les résistances superficielles
Le sélecteur « Configuration » propose les quatre cas de la NF EN ISO 6946, et les deux champs restent modifiables à la main :
- Paroi verticale, flux horizontal
- Rsi = 0,13 — Rse = 0,04
- Paroi horizontale, flux ascendant
- Rsi = 0,10 — Rse = 0,04 (plafond, toiture)
- Paroi horizontale, flux descendant
- Rsi = 0,17 — Rse = 0,04 (plancher)
- Paroi sur local non chauffé
- Rsi = 0,13 — Rse = 0,13 (deux faces intérieures)
A7 — La paroi A2 en plancher plutôt qu'en mur
Un seul chiffre change : Rsi passe de 0,13 à 0,17 m²·K/W.
Résultat, comparé à A2
| Grandeur | A2 — Rsi = 0,13 | A7 — Rsi = 0,17 |
|---|---|---|
| RT (m²·K/W) | 3,18 | 3,22 |
| U (W/m²·K) | 0,315 | 0,311 |
| Température de face intérieure | 19,0 °C | 18,7 °C |
| HR au contact de la face int. | 64 % | 65 % |
| Facteur fRsi | 0,96 | 0,95 |
| Dépôt au plan de condensation | 2,660 g/m²·h | 2,662 g/m²·h |
Le dépôt ne bouge pratiquement pas — les résistances superficielles n'entrent pas dans le calcul de diffusion de vapeur. En revanche, la face intérieure perd trois dixièmes de degré et l'HR de surface gagne un point. Sur une paroi saine cela ne se voit pas ; sur un cas limite comme A6, où il ne restait qu'un point de marge avant le seuil de 80 %, ce même écart fait basculer le verdict. D'où l'intérêt de choisir la bonne configuration plutôt que de laisser la valeur par défaut.
5. Le bilan sur douze mois
Le chapitre 3 de l'outil répond à une question de vérification : « cette paroi condense-t-elle dans ces conditions ? ». Le chapitre 4 en pose une autre, souvent plus décisive : l'eau déposée en hiver repart-elle en été ? Une paroi qui condense chaque hiver et sèche chaque été est viable. Une paroi qui accumule d'année en année ne l'est pas, même si la quantité mensuelle paraît faible.
Les douze lignes sont à saisir : l'outil n'embarque aucune base climatique. Trois façons de les remplir :
- à la main, ligne par ligne, à partir de vos normales de station ;
- par collage de douze lignes depuis un tableur, θ puis HR séparées par une tabulation ou un point-virgule ;
- par le générateur, qui pose une sinusoïde de minimum en janvier et de maximum en juillet à partir de trois paramètres. C'est une allure, utile pour dégrossir — pas une donnée climatique.
Le bouton « Recopier l'intérieur » reporte les consignes du chapitre 1 sur les douze mois, ce qui correspond au cas courant d'un local à consigne constante.
Le bilan est établi sur trois années identiques enchaînées, en partant d'une paroi sèche. C'est ce qui permet de distinguer une paroi qui revient chaque année à zéro d'une paroi dont le stock progresse d'un cycle sur l'autre — sans avoir à deviner par quel mois commencer.
B1 — Paroi A2 (sans pare-vapeur) sur une année
Ambiance intérieure constante à 20 °C / 60 %. Climat extérieur issu du générateur, réglé sur 12 °C de moyenne, ± 7 °C d'amplitude, 80 % d'HR moyenne.
Résultat mensuel
| Mois | θ ext. | HR ext. | Bilan du mois | Stock en fin de mois |
|---|---|---|---|---|
| Janvier | 5,0 °C | 88 % | +1 005 g/m² | 2 396 g/m² |
| Février | 5,9 °C | 87 % | +803 | 3 199 |
| Mars | 8,5 °C | 84 % | +519 | 3 718 |
| Avril | 12,0 °C | 80 % | −72 | 3 646 |
| Mai | 15,5 °C | 76 % | −794 | 2 853 |
| Juin | 18,1 °C | 73 % | −1 377 | 1 475 |
| Juillet | 19,0 °C | 72 % | −1 475 | 0 |
| Août à octobre | 18,1 à 12,0 °C | 73 à 80 % | 0 | 0 |
| Novembre | 8,5 °C | 84 % | +502 | 502 |
| Décembre | 5,9 °C | 87 % | +889 | 1 391 |
- Accumulation maximale
- 3 718 g/m², atteinte fin mars
- Retour à zéro
- en juillet
- Dérive d'un cycle à l'autre
- 0 g/m²
Le régime est cyclique et stable, mais 3,7 kg d'eau par mètre carré transitent chaque hiver dans la laine minérale. C'est beaucoup : assez pour dégrader durablement la conductivité de l'isolant, tacher le doublage et attaquer tout élément organique voisin. Un verdict « la paroi sèche chaque année » ne signifie pas « la paroi va bien » — il faut lire l'ordre de grandeur du cumul, pas seulement le retour à zéro.
B2 — Paroi A3 (avec pare-vapeur Sd = 18 m) sur la même année
Mêmes douze mois, même ambiance intérieure. Seule la membrane a été ajoutée.
Résultat
- Accumulation maximale
- 34 g/m², atteinte fin mars (3 718 g/m² en B1)
- Retour à zéro
- en juin
- Mois de condensation
- novembre à mars
- Mois de séchage
- avril à juin
- Dérive d'un cycle à l'autre
- 0 g/m²
Le cumul est divisé par 110. Trente-quatre grammes d'eau par mètre carré, c'est l'équivalent d'une cuillère à soupe répartie sur toute la surface d'une porte : la laine reste sèche au sens pratique du terme, et le séchage est acquis dès le mois de juin. C'est le vrai enseignement du bilan annuel : en A3, le calcul de vérification annonçait encore un plan de condensation, ce qui pouvait inquiéter. Le bilan sur douze mois montre que ce plan est sans conséquence.
B3 — Paroi A2 derrière un hall de piscine, sur la même année
Ambiance intérieure à 29 °C / 60 %, constante toute l'année, comme dans un hall de bassin. Même climat extérieur qu'en B1 et B2.
Résultat
- Séchage annuel
- non — le stock ne repasse jamais par zéro
- Bilan mensuel le plus favorable
- juillet, encore +283 g/m²
- Accumulation en fin de troisième cycle
- 62,5 kg/m²
- Progression d'un cycle sur l'autre
- +20,8 kg/m² par an
Aucun mois de l'année ne sèche : même en juillet, l'écart de pression de vapeur entre le hall et l'extérieur reste dirigé vers l'extérieur, et la paroi continue de se charger. La valeur de 62,5 kg/m² n'a évidemment aucun sens physique — un isolant ne peut pas retenir cela — mais elle est précisément le message : le modèle diverge parce que la paroi est intenable. Ce qu'il faut lire, ce n'est pas le chiffre, c'est la pente de +20,8 kg/m² par an.
6. Enregistrer et rouvrir une étude
« Enregistrer le projet (JSON) » télécharge un fichier contenant les conditions d'ambiance, les résistances superficielles, la composition complète de la paroi et, s'il a été rempli, le tableau des douze mois. Le nom du fichier porte la date du jour.
« Ouvrir un projet » recharge un tel fichier et relance le calcul immédiatement. Rien n'est conservé sur le serveur : une étude de condensation est un document de projet, sa place est dans le dossier d'affaire.
Le fichier est du JSON lisible : il se compare, se versionne et s'archive comme n'importe quelle pièce du dossier. Un fichier qui n'aurait pas été produit par cet outil est refusé avec le message « Ce fichier n'est pas un projet de l'outil condensation. »
7. Messages d'alerte
Verdicts
- Bandeau vert
- « Aucune condensation — la paroi est saine dans ces conditions »
- Bandeau orange
- « Pas de condensation, mais risque de moisissure en surface » — HR de surface entre 80 et 100 %
- Bandeau rouge
- « Condensation dans la paroi » ou « Condensation sur la face intérieure »
Refus de calcul
- Aucune couche
- « La paroi ne comporte aucune couche : ajoutez-en au moins une. »
- Plus de 25 couches
- « La paroi ne peut pas dépasser 25 couches. »
- Valeur hors bornes
- « Couche n° 1 : « lambda » doit être compris entre 0,001 et 500. »
- Sd total nul
- « La paroi n'oppose aucune résistance à la diffusion de vapeur (Sd total nul) : le diagramme de Glaser n'a pas de sens. »
- Températures identiques
- « Les températures intérieure et extérieure sont identiques : aucun flux ne traverse la paroi, il n'y a rien à tracer. »
- Collage mal formé
- « Le collage compte N ligne(s) : il en faut exactement douze. »
- Mois incomplet
- « Le mois de mars est incomplet. »
Une couche en cours de saisie n'est pas une erreur : tant qu'une ligne est incomplète, l'outil suspend simplement l'affichage du résultat, sans message rouge. Le calcul repart dès que toutes les lignes sont exploitables.
8. Ordres de grandeur, pour dégrossir
L'outil ne propose aucun catalogue : les valeurs ci-dessous sont rappelées pour vérifier qu'une saisie n'est pas absurde, jamais pour tenir lieu de donnée d'entrée. Les plages sont larges parce que les produits le sont. La fiche technique du produit posé fait foi, et à défaut les valeurs tabulées de la NF EN ISO 10456.
Coefficient μ de quelques familles
| Famille | λ indicatif (W/m·K) | μ indicatif |
|---|---|---|
| Air immobile (référence) | — | 1 |
| Laine minérale (verre, roche) | 0,030 – 0,040 | 1 – 1,5 |
| Fibre de bois | 0,038 – 0,050 | 3 – 5 |
| Polystyrène expansé (PSE) | 0,030 – 0,040 | 20 – 100 |
| Polyuréthane (PU / PIR) | 0,022 – 0,030 | 40 – 200 |
| Polystyrène extrudé (XPS) | 0,029 – 0,038 | 80 – 250 |
| Plâtre, plaque de plâtre | 0,20 – 0,35 | 4 – 10 |
| Bois massif résineux | 0,12 – 0,18 | 20 – 50 |
| Enduit ciment | 0,80 – 1,20 | 15 – 35 |
| Béton dense, banché | 1,75 – 2,30 | 70 – 130 |
Sd de quelques membranes et finitions
| Produit | Sd indicatif (m) | Rôle |
|---|---|---|
| Pare-pluie ouvert à la vapeur | 0,02 – 0,3 | Côté froid — laisse sortir |
| Peinture acrylique | 0,05 – 0,5 | Finition, effet non négligeable |
| Frein-vapeur hygrovariable | 0,25 – 10 | Côté chaud — Sd variable selon l'HR |
| Peinture glycérophtalique | 0,5 – 2 | Finition, frein-vapeur involontaire |
| Pare-vapeur polyéthylène | 18 – 100 | Côté chaud — barre le passage |
| Complexe aluminium, bitume | > 1 000 | Barrière quasi totale |
La règle du côté chaud. Ce qui compte n'est pas la valeur absolue d'un Sd, mais son rapport à celui des couches situées plus loin vers le froid. Une paroi est saine quand elle est de plus en plus ouverte à la vapeur à mesure qu'on va vers l'extérieur — d'où le classique « facteur 5 » entre le Sd côté chaud et celui côté froid. Les exemples A2 et A3 illustrent exactement cela : c'est le rapport 0,26 / 24 qui condamne la première, et le rapport 18,26 / 24 qui sauve la seconde.
9. Ce que la méthode ne dit pas
Ces limites sont rappelées en bas de l'outil lui-même. Elles ne sont pas des réserves de style : elles délimitent les cas où un verdict favorable, ou défavorable, doit être repris autrement.
- Régime permanent. La méthode ignore l'inertie hygroscopique — l'eau que le bois, la fibre de bois ou une brique de terre crue absorbent puis restituent sans qu'aucune goutte n'apparaisse. Sur une paroi à forte capacité hygroscopique, Glaser annonce de la condensation là où une simulation dynamique (NF EN 15026, type WUFI) n'en trouve pas. C'est la limite la plus fréquemment rencontrée en rénovation du bâti ancien.
- Diffusion pure. Ni la capillarité, ni les infiltrations d'air ne sont prises en compte. Une paroi non étanche à l'air laisse passer, par convection, plusieurs dizaines de fois plus de vapeur que par diffusion : un résultat favorable ne dispense jamais du soin apporté à l'étanchéité à l'air, et la plupart des sinistres réels relèvent de là plutôt que de la diffusion.
- Pas de pluie battante, pas de soleil. Aucun apport d'eau par la face extérieure, aucun séchage par rayonnement.
- Propriétés constantes. Ni λ ni μ ne varient avec la teneur en eau, alors qu'un isolant mouillé conduit nettement mieux la chaleur — l'outil ne modélise donc pas l'emballement thermique d'une paroi qui se charge.
En pratique : Glaser est un outil de vérification et de comparaison entre variantes, excellent pour cela. Ce n'est pas un outil de prédiction de teneur en eau. Les exemples A2/A3 et B1/B2 montrent son meilleur usage — non pas « combien d'eau ? », mais « laquelle de ces deux parois se comporte le mieux, et de combien ? ».